Mission en Roumanie et en Hongrie du 5 au 8 octobre 2003.


Le sénateur Michel GUERRY a accompagné le ministre de l’Agriculture, M. Hervé GAYMARD dans sa visite en Roumanie et en Hongrie.

Madame le sénateur Françoise FERAT, et les deux députés: Mme Arlette FRACO et M. Jean-Yves COUSIN faisaient partie de la mission.

Le but de la visite, pour le ministre était d’expliquer à ses interlocuteurs la philosophie de la position de la France sur l’Agriculture, la réforme de la PAC et les assurer de l’aide de la France quant à l’entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne.

Personnes rencontrées : M. Ion ILIESCU, Président de la Roumanie,

M. Adrian NASTASE Premier ministre,

M. Ilie SARBU ministre de l’agriculture, des forêts, de l’eau et de l’environnement.

Signature par les deux ministres de l’agriculture du Protocole de coopération et déclaration politique.

Plusieurs entretiens et débats ont eu lieu sur la PAC et l’intégration européenne de la Roumanie

A Bucarest, M.Ilie SARBU, ministre roumain de l’Agriculture (2ème à partir de la gauche), Hervé GAYMARD, à partir de la droite Bruno HOT, Directeur DPEI, Ministère de l’Agriculture, le sénateur Françoise Ferat, le sénateur Michel GUERRY

Pourquoi une politique agricole européenne  ?

L’agriculture n’est pas un sujet comme un autre.

- les cycles sont plus longs, plus aléatoires que pour d’autres activités humaines (gel, sécheresse, inondations, variations des cours des produits..). La révolution française de 1789 a été déclenchée après des récoltes catastrophiques et des cours du blé inabordables pour la population.

- dans les années 60, la France et l’Europe ont inventé une politique agricole commune.

- 1950 Communauté du charbon et acier, 1957 atome

Les principes de cette politique sont :

-l’union douanière entre les membres

-la préférence communautaire

-la fixation de prix d’intervention plus élevés que les prix mondiaux parce que pas assez rémunérateurs pour nos paysans.

Cette politique a conduit à rendre l’Europe autosuffisante pour les produits agricoles (50 %de ces produits étaient importés directement après la guerre).

En 1992, l’Union Européenne a modifié la PAC en diminuant les prix d’intervention compensés par des aides directes. En effet, la PAC devenait très coûteuse et créait des excédents de viande, de lait, de beurre.

Position de l’Europe vis à vis des pays en voie de développement :

- L’Europe achète 60% des produits agricoles des pays en voie de développement.

- l’Europe a produit 5 M tonnes de moins de céréales et 10 M tonnes de lait. Qui appris la place ? Pas le Mali ou le Soudan mais l’Australie pour les céréales et la Nouvelle Zélande pour le lait.

En 2002/2003, nous avons un triple défi

-élargissement avec10 membres de plus et l’élargissement suscite toujours des inquiétudes de la part des entrants mais aussi des autres. Il y a une logique à cet élargissement.

-possibilité de découplage des aides directes

-renforcement des actions envers le développement rural

Le Premier Ministre NASTASE a rappelé qu’il y avait en Roumanie 10 M d’ha pour 6,5 M d’agriculteurs, c’est donc en ce moment une agriculture de jardinage. Les problèmes sont donc énormes.

Visite en HONGRIE du 7 au 8 octobre 2003

Mêmes objectifs pour le ministre français en Hongrie. Mêmes messages.

Personnes rencontrées :

-M. Imre NEMETH ministre de l’agriculture et du développement rural.

-M. Endre JUHASH ministre chargé de la coordination pour l’intégration dans l’Union Européenne.

-Organisations professionnelles agricoles

Le ministre NEMETH est inquiet de la situation de l’agriculture hongroise. L’agriculture a toujours été une richesse pour la Hongrie. La philosophie développée par M. Gaymard n’est pas très éloignée de la leur.

Il ne doute pas qu’à long terme, ce soit bénéfique pour la Hongrie. Ils ont choisi le système de paiement unique pour plus de souplesse et ils trouvent que la durée de 9 ans pour la transition est trop longue.

M. Gaymard a rappelé que l’élargissement à dix pays supplémentaires était équivalent à l’entrée²de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal. Le Portugal était en 1980, dans une situation plus difficile que la Hongrie.

Lors de ces contacts officiels, ce fut l’occasion pour le sénateur Guerry de prendre contact avec différents compatriotes, opérateurs agricoles dans ces pays.