MONGOLIE
du 26 au 29 octobre 2009

Mission organisée par le Réseau Parlementaire de la Banque Mondiale
(Parliamentary Network on the World Bank / PNoWB)
à Oulan Bator (Ulaanbaatar)

Parlementaires participant à la mission :

Finlande : Hon. Ika Kantola, député, Parlement : Eduskunta Finland

France : Hon. Michel Guerry, sénateur, Sénateur, Sénat France

Inde : Hon. Shri Tarachand Baghora, député Indian National Congress

Indonésie Hon. Atte Sugandi député

Hon. Ida Laode, député, Speaker Indonesian House of Regional Representatives

Ouganda Hon. Henry Banyenzaki, député

Hon. Ms Nabilah Naggaki Sempala Parliament of Ouganda

Autres participants :

Arshad Sayed : Directeur Banque Mondiale, Mongolie.

Jérome Evrard : Responsable PNoWB Paris

AGENDA

Lundi 26 octobre

-Présentation des actions par la Banque Mondiale

La République de Mongolie est passée en une trentaine d’années d’un système socialiste à un système démocratique avec une population de 2,7 M d’habitants dont la moitié dans la capitale pour une superficie de 3 fois celle de la France.

Le pays est en période de transition; il a pris conscience de l’importance de ses richesses minières. Son taux de croissance était de 8 à 9 % jusqu’en 2008. Le prix du cuivre a plombé ce taux. 75 % des exportations sont en direction de la Chine.

Il est confronté à trois challenges : la gestion durable de ses ressources minières, la transparence ; la conservation du mode de vie ; l’organisation de l’arrivée des ruraux vers les villes.

PNB par habitant : 1900 $/an. La pauvreté n’a, pour l'instant, pas reculé.


-Visite du site Education Project

Le taux d’alphabétisation est de 97%. Les écoles enseignent en deux périodes, la moitié des élèves le matin, l’autre moitié le soir. L’école est gratuite. L’école visitée est financièrement aidée par la Banque Mondiale, elle accueille 2500 enfants jusqu’à 18 ans. La Banque Mondiale finance par ailleurs l’ouverture de nouvelles écoles. Elle investit à cette fin environ 30 M$ par an.

-Réunion avec des parlementaires mongols, autour des projets miniers en liaison avec la Banque Mondiale

Tous les interlocuteurs insistent sur la bonne gouvernance. Il n’a pas été possible de nous faire une idée précise sur les problèmes de corruption, mais il était dans tous les esprits y compris mongols qu’il faut la combattre. Les responsables ont une vraie conscience des difficultés qui sont devant le gouvernement dans la gestion du pactole minier. Pour ce faire, ils souhaitent être aidés.

Le secteur minier représente 64% des revenus et 50% des exportations. 20 tonnes d’or sont exportés et contrôlés. Il y a 100 000 orpailleurs clandestins dont la production est faible, mais l'action sur l’environnement catastrophique.

-Réunion et dîner avec le Speaker (Président de la Chambre des députés et deuxième personnage de l’Etat)

Le Parlement mongol entretient de bons rapports avec la Banque Mondiale. Les divers prêts financiers à la Mongolie représentent 11% du PNB soit 400M$ environ, ratio satisfaisant selon les critères de la Banque Mondiale.

La Mongolie est le dernier pays au monde en matière d'infrastructures : routes, transports, énergie. Tout reste à construire.

Pendant notre séjour, le Premier ministre a démissionné pour des raisons de santé. Il a été remplacé par le ministre des Affaires Etrangères, dont la réputation est bonne.


Mardi 27 octobre

-Organisation de l’administration du Parlement.

Le Parlement de Mongolie cherche à améliorer son organisation et souhaite des concours d’autres pays pour cela, en particulier pour la formation d’administrateurs.

-Discussion avec les ONG locales.

Réunion avec une trentaine d’ONG, surtout animées par des femmes. Les ONG ne reçoivent aucune subvention du gouvernement. Même soucis et objectifs que pour les ONG que nous pouvons connaître.

Mercredi 28 octobre

-Visite du projet d’amélioration du quartier Ger Area de Oulan Bator

Ger est le terme pour désigner ce que nous connaissons sous le nom de yourte. C’est devenu aussi le nom des quartiers déshérités d’Oulan Bator.

Ces quartiers ont un énorme problème d’approvisionnement en eau et d’évacuation des eaux usées. La Banque Mondiale s’est d’abord intéressée à l’eau. Elle a crée 52 « kiosques » qui sont des points de distribution de l’eau, pompée dans la nappe phréatique (entre 50 et 100 m de profondeur). Chaque kiosque dessert 1500 personnes qui viennent s’approvisionner avec des bidons d’une vingtaine de litres. Prochain projet : l’assainissement.

-Réception à l’Ambassade de France

Déjeuner à l’initiative de l’Ambassadeur de France M. Jean-Paul Dumont qui avait réuni quelques Français. 95 Français inscrits sur les listes consulaires.

Une petite école va s’ouvrir à l’initiative de parents d’élèves avec les cours du CNED ; 10 élèves français pour commencer mais on peut noter une demande importante des mongols. L’Alliance Française a 500 étudiants. Quant au tourisme, il attire 8000 Français par an.

Si le projet d’AREVA de mine d’uranium se concrétise, la présence française sera alors importante.

-Visite du projet Erdem soum

Visite d’une laiterie familiale soutenue par la Banque (fabrication de yaourt et de lait stérilisé) qui nous a permis de comprendre les difficultés de financement.

En effet, le taux d’intérêt payé par cette famille à la seule banque commerciale de la région est de 31,6% par an (taux normal des banques ; 36%).

Après explication, la Banque Mondiale prête à la Mongolie à taux zéro (sauf 0,75% de gestion sur place au gouvernement mongol). La Banque centrale prête aux banques commerciales à 9%, qui elles mêmes prêtent aux particuliers à 36% ! Nous n’avons pas été surpris de voir le banquier arriver dans une belle limousine, pour visiter son client somme toute très modeste…

-Visite d’une famille typique mongole

Jeudi 29 octobre

- Conférence sur le système bancaire

Les parlementaires du PNoWB ont assisté à une partie des exposés de la conférence. Il ressort que le système bancaire mongolien laisse beaucoup à désirer. Il existe 16 banques commerciales peu compétentes. Une loi doit être élaborée afin que la banque centrale puisse assurer un contrôle.

Le coût de l’argent est bien trop élevé pour assurer le développement

En conclusion, les Mongols sont des gens sympathiques, curieux et ouverts, désireux de bien faire, mais qui se sentent prisonniers de leurs deux grands voisins, la Chine et la Russie, et qui seraient heureux de séduire d’autres partenaires; dont la France qui y dispose d'une bonne image. Ils ont conscience des difficultés qui sont les leurs devant le pactole minier qu’ils possèdent. Et se montrent prêts à tout conseil avisé pour cette gestion et le développement qu'il permettra de générer.

En ce qui concerne le Réseau Parlementaire de la Banque Mondiale, j’ai demandé que le bureau local donne des détails sur les financements accordés au pays visité, tous les financements de projets connus et pas seulement ceux de la Banque Mondiale et que nous disposions du niveau d’emprunt que le pays peut supporter sans dommage.