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Si je devais dresser une sorte de bilan de l’année écoulée, pour les Français à l’étranger, je relèverai trois thèmes essentiels, les institutions, la politique et la sécurité. Les institutions, avec la transformation du Conseil supérieur des Français de l’étranger en Assemblée des Français de l’étranger par la loi du 9 août dernier qui fait de l’institution représentative des deux millions d’expatriés, leur véritable assemblée. Ce n’est qu’une première étape vers la création de la collectivité des Français établis hors de France, mais c’est une étape importante. Sur un plan plus politique ensuite, cette année aura été celle du renouvellement d’un tiers des sénateurs des Français de l’étranger. Au terme d’une campagne électorale incertaine, les idées et les valeurs de l’Union des Français de l’Etranger que nous défendons ont remporté une belle victoire en faisant élire sur la liste d’Union, 3 sénateurs sur les quatre sièges à pourvoir. Enfin, la sécurité de nos communautés françaises dans le monde a été soumise, une fois de plus, à de très fortes tensions cette année et je pense notamment à nos compatriotes de Côte d’Ivoire dont plus de 7.000 d’entre eux ont dû être rapatriés. Même si la situation sur place n’est pas complètement retournée à la normale, nombre de nos compatriotes rapatriés souhaitent retourner en Côte d’Ivoire et il s’avère nécessaire de prévoir des mesures spécifiques d'indemnisation tant en raison de la perte d'emploi que de la perte des biens ainsi que des mesures fiscales compte tenu des difficultés d'application de la convention fiscale franco-ivoirienne. C’est la raison pour laquelle j’ai interpellé le Premier ministre sur la possible mise en place d’un fonds de garantie (comme il en existe déjà un pour les victimes d’actes de terrorisme ou d’infractions) qui pourrait venir indemniser la perte des biens dans les pays à risque. Je vous le redis encore, ce n’est pas parce que le monde est incertain qu’il faut être hésitant ! Bonne et heureuse année 2005 à chacun d’entre vous ! MICHEL GUERRY
Ce n’est pas parce que notre monde est devenu très incertain que nous devons être hésitants ! Incertain, la crise qui secoue à nouveau la Côte d’Ivoire vient de nous le rappeler d’une manière cruelle et violente avec la mort de nos soldats à Bouaké, alors même que notre pays les avait envoyés là-bas maintenir la paix. Incertain encore lorsque le monde entier a été tenu en haleine par l’issue de la campagne présidentielle américaine, conscient de l’importance pour l’équilibre planétaire d’un enjeu électoral aux Etats-Unis. Incertain enfin, quant au sort de nos deux compatriotes journalistes, retenus depuis presque 3 mois en Irak. Devant l’incertitude de ce monde, la pire des réponses serait l’hésitation et, malheureusement, c’est elle qui prévaut actuellement au sujet de l’avenir de l’Europe. Notre devoir est de renforcer l’unité de l’Europe et de transformer ce « géant économique » en « géant politique ». L’Europe doit se concevoir comme une puissance globale identique aux autres puissances comme les Etats-Unis et capable de parler d’une seule voix face à ces nations émergentes. Les hommes ont peur de l’inconnu lorsqu’ils s’avancent seuls vers le futur, qu’ils ne se sentent pas solidaires et qu’ils n’ont pas un idéal et but communs. C’est le renforcement de la démocratie européenne, dans son sens le plus large, qui sera la réponse adéquate aux incertitudes et qui nous permettra d’affronter le monde dans ses dimensions nouvelles. MICHEL GUERRY
ÉDITORIAL D'OCTOBRE 2004Dans un monde bousculé et agressif souvent tragique, il est évidemment agréable d’attirer l’attention sur des Françaises d’exception, qui, loin de la métropole oeuvrent dans la paix, le dévouement et portent très haut les valeurs humaines et culturelles de notre pays. J’ai décidé de soutenir l’initiative de l’association « Femmes 3000 » destinée à récompenser, cette année en Asie et en Océanie, des compatriotes qui, hors de France servent la promotion de la femme, montrent des talents professionnels exceptionnels. De très nombreuses candidatures ont été reçues et il a fallu choisir les finalistes, désigner les trois lauréates. Ce ne fut pas une mince affaire. L’une au Cambodge, Nathalie Nivot-Goes, l’autre en Corée, Ida Daussy et la troisième au Vanuatu, Blandine Boulekonne se verront donc remettre leur Trophée 2004 jeudi 21 Octobre au Sénat. Trois courts documents filmés réalisés en septembre, montrant l’action sur place de chacune d’entre elles seront projetés lors de cette soirée et se retrouveront plus tard sur ce site. Ils s’avèrent passionnants et démontrent combien, loin de la France, ces françaises ont su entreprendre, servir et représenter dignement nos valeurs. Merci à elles. Merci à toutes ces expatriées, lauréates ou non, qui, par leur travail ou leur simple présence efficace, souvent sans bruit et sans honneurs particuliers, servent la grandeur de notre pays. MICHEL GUERRY
Le 26 septembre se dérouleront dans le tiers des départements métropolitains et dans les DOM TOM les élections sénatoriales. C'est également à cette date que 4 des 12 sénateurs représentant les Français établis hors de France seront renouvelés. Les sénateurs sortants Hubert DURAND-CHASTEL, Guy PENNE et Xavier de VILLEPIN ont décidé de ne pas se représenter aux suffrages des grands électeurs. Je veux ici leur rendre hommage pour le travail parlementaire abondant et de grande qualité qu'ils ont effectué durant leurs mandats, comme pour la courtoisie qui a accompagné nos relations. Le sénateur Christian COINTAT se représente aux suffrages des Conseillers de l'Assemblée des Français de l'étranger et il conduira, avec Joëlle GARRIAUD-MAYLAM (Royaume Uni), Christiane KAMMERMANN (Liban), Jacques JANSON (Canada), Françoise MORECHAND (Japon) et Guy SAVERY (Maroc) la liste UFE, seule liste d'Union représentative de l'ensemble des continents où résident nos compatriotes. Cette liste d'Union est porteuse d'un véritable projet pour la vie des Français de l'étranger. Elle s'assigne des objectifs ambitieux, à l'image de ses membres. Nous pouvons donc espérer un très beau résultat. Cette chance, les Conseillers doivent la saisir en votant et appelant à voter tous les membres de l'Assemblée des Français de l'étranger le 26 septembre 2004. C'est là le vou que je forme et le sens même de l'action que je mène depuis de nombreux mois. Seule l'Union est porteuse de succès et de réussite pour la collectivité des Français de l'étranger. Il appartient donc à chacun d'entre nous de tout mettre en ouvre pour que tous les grands électeurs en soient convaincus et se rallient nombreux à la liste d'Union. MICHEL GUERRY
Début juillet, j'ai assisté à la 15 ème Conférence mondiale sur le sida qui s'est tenue à Bangkok. ONUSIDA estime au minimum à 40 millions les personnes séropositives dans le monde. Seules 3 millions d'entre elles sont actuellement soignées par la médecine moderne. Cependant, dans cette lutte contre le sida, le constat mis en lumière est surprenant mais réel : il n'y a pas forcément de manque de moyens financiers. Il y a par contre un déficit de projets tangibles, y compris pour soigner les malades avec des antirétroviraux. Trop de demandes se résument à des sollicitations de fonds non étayées. Selon le professeur KAZACHINE, directeur de l'Agence nationale [française] de recherche contre le sida (ANRS), il y a très peu de chance, avant dix ans, de mettre au point « le » vaccin contre le sida. Un long débat sur la fabrication et l'accès aux médicaments génériques a animé cette conférence et a donné lieu à de très nombreuses « passes d'armes ». Il ressort cependant, que ces « génériques » ne sont pas une solution pérenne, s'ils doivent être fabriqués par des firmes non homologuées agissant comme bon leur semble. Là aussi, il faut clarifier les choses et établir un véritable partenariat entre tous les pays et les grandes firmes pharmaceutiques. Il s'agit là d'un véritable enjeu de développement pour les pays pauvres qui, aujourd'hui, se heurtent à la fois au dénuement de leurs propres structures de recherche, mais doivent tenir compte aussi du poids des traditions. Pour autant, les essais venant des médecines traditionnelles -comme en Inde l'ONG Gandeepam par exemple- devraient être validés par des autorités scientifiques reconnues et, si les résultats sont à la hauteur des espérances, pris en compte et encouragés. Enfin pour conclure,- et l'ensemble des personnes présentes à Bangkok en était fortement convaincues-, sans une implication médiatique importante des politiques -et plus particulièrement un engagement personnel des chefs d'Etat des pays pauvres- rien d'efficace ne pourra être entrepris auprès des populations traditionnelles dans la lutte contre la pandémie, tant dans la prévention que dans le traitement. Michel GUERRY
Michel GUERRY
QUELLE EUROPE VOULONS-NOUS ? Depuis le 1 er mai 2004, l'Europe comprend 25 pays ou plutôt 24 et demi, puisque seule la partie grecque de Chypre a adhéré à l'Union européenne. La Turquie, quant à elle, frappe à la porte de l'Europe, mais les Européens ne sont pas tous à l'écoute de ses arguments véritables. La question pour nous, Européens, est de savoir quel avenir pour l'Europe nous voulons construire et comment nous souhaitons y parvenir. *** Le 24 avril 2004 la république de Chypre rejetait, par 75,83% des voix, le plan de paix des Nations Unies prévoyant la réunification de l'île, tandis que la république turque de Chypre du Nord l'approuvait par 64,91%. Au-delà de cette « chance unique et historique de résoudre le problème de Chypre [qui] a été manquée » comme l'a souligné le représentant des Nations Unies à Chypre et du camouflet pour l'Union européenne, se pose la question des conséquences qui doivent en être tirées. Quelles sont les actions concrètes que compte mener la France, avec ses partenaires, pour résoudre cette question, autrement qu'en octroyant 259 millions d'euros d'aide économique aux chypriotes turcs pour mettre fin à leur isolement, comme cela a été annoncé au lendemain du référendum. La France doit conduire une politique déterminée en faveur du plan des Nations Unies qui prévoit la réunification de l'île et pour cela elle doit bénéficier d'une large marge de manouvre. Enfin la France doit être un des moteurs pour faire redémarrer un dossier que ce référendum a fait retourner au point mort. C'est là un véritable enjeu, puisque les Européens ne peuvent se contenter d'accueillir une moitié de pays dans l'Union. C'est également un enjeu pour Chypre tant il est vrai que l'Europe constitue l'avenir de tous les Chypriotes. *** La Turquie a présenté sa demande d'association à la C.E.E. dès le 31 juillet 1959 et, au départ, la France y était plutôt hostile, son attitude a cependant évolué au cours des décennies écoulées. Aujourd'hui la Turquie est déjà « de fait » partie intégrante de l'« espace Europe » et prête à participer à l'édification de la « puissance Europe » du XXI ième siècle. Les perspectives actuelles d'adhésion de la Turquie, ont amené le gouvernement d'Ankara, dans le cadre des travaux d'harmonisation de la législation turque aux critères politiques de Copenhague, à présenter 10 amendements constitutionnels de taille, comprenant, entre autre, des articles renforçant l'égalité entre les hommes et les femmes, la transposition des accords internationaux dans la législation nationale et l'abolition de la cour de sécurité de l'Etat. Il nous faut évaluer si ces nouvelles mesures -et les réformes déjà entreprises- sont pour autant suffisantes. Par ailleurs, alors que les Européens se sont focalisés -voire aveuglés- sur le débat au sein de l'Union sur l'entrée de la Turquie dans l'Europe, il ne faut surtout pas négliger les oppositions, en Turquie même, à l'intégration européenne et notamment celles formulées par l'armée, les partis ultranationalistes et les mouvances islamistes. Ainsi, à la complexité des opinions et des gouvernements européens face à l'intégration de la Turquie à l'Union, répond en Turquie une complexité des approches. Si les milieux économiques occidentalisés des grandes villes qui forment traditionnellement le moteur économique du pays sont favorables, une partie de la société turque suit avec beaucoup plus de difficultés. Les élites pro-européennes de la Turquie sont confrontées à des blocages de diverses sortes, issus de l'histoire même de ce pays. La France se doit de jouer un rôle prépondérant dans le processus qui amènera l'Europe à fixer un calendrier établissant le délai raisonnable d'intégration de la Turquie dans l'Union européenne et, d'autre part, les mesures nécessaires à son intégration. *** La raison doit toujours l'emporter et c'est aux Européens -convaincus que la Turquie doit faire partie de l'avenir de l'Union- de faire en sorte que les bonnes volontés turques ne soient ni découragées, ni frustrées par des positions européennes maximalistes. Quant à nos amis turcs, ils doivent pouvoir compter sur notre aide pour réaliser les réformes nécessaires à l'entrée de leur pays dans l'Union européenne. Michel GUERRY
C'est acquis ! Le ministère des Affaires étrangères ne sera pas touché, en 2005, par les mesures drastiques de gel des crédits prônées par Bercy et nous devons nous en réjouir. Cette sonnette d'alarme, c'est le Chef de l'Etat lui-même qui l'a tirée dans un courrier adressé au Premier ministre le 10 mars dernier : « Nous en sommes arrivés au point où les économies réalisées grâce à cette politique [de réduction des dépenses au Quai d'Orsay] sont hors de proportion avec son coût politique et les dommages difficilement réversibles qu'elle inflige à notre outil diplomatique. » Il estime aussi, que « depuis dix ans, le ministère des Affaires étrangères, fusionné avec celui de la coopération, est l'un de ceux qui contribuent le plus à l'effort de rigueur. » L'action extérieure de la France ne doit pas être considérée comme un vecteur de dépenses superflues tout d'abord parce que 2.000.000 de nos compatriotes résident hors de France et qu'ils sont les premiers à pâtir des fermetures de consulats, des manques de moyens -humains et logistiques- récurrents dans l'administration consulaire. Il ne serait pas pensable d'imposer à un Français de métropole de faire 100 kilomètres pour obtenir, dans une autre mairie que la sienne, un document d'identité ou d'état civil, parce que l'on a décidé, pour des raisons prétendument d'économie, de fermer les services de sa mairie. Même si les situations ne sont pas comparables, les Français établis hors de France doivent pouvoir accéder à nos consulats qui sont bien plus encore qu'une mairie, car ils sont le seul lien avec la France que nous possédons à l'étranger. Ensuite, notre pays, qui possède en ordre d'importance la seconde diplomatie du monde, ne peut mener une politique étrangère digne de ce rang sans les moyens appropriés. Or -et je le constate lors de mes déplacements- les réductions budgétaires imposées au Quai d'Orsay rejaillissent immanquablement sur le fonctionnement des représentations diplomatiques de la France dans le monde. Les conditions dans lesquelles nos diplomates travaillent doivent être à la hauteur des ambitions de notre pays. C'est cette position de bon sens, sur des sujets essentiels pour notre vie et notre présence à l'étranger que je défends auprès du Gouvernement. Et je la soutiendrai plus particulièrement auprès de Monsieur Renaud MUSELIER qui vient de se voir confirmer, comme secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, sa mission gouvernementale auprès des Français de l'étranger. Michel GUERRY
Lettre à Michel BARNIER, Cliquez ici pour lire le contenu de la lettre La réponse de Michel BARNIER, Cliquez ici pour lire le contenu de la lettre
Michel GUERRY
Il y a des jours à marquer d'une pierre blanche et le jeudi 4 mars 2004 est de ceux-là. C'est en effet le 4 mars 2004 que le premier acte concret de la réforme du Conseil supérieur des Français de l'étranger a eu lieu au Sénat, à l'occasion de l'examen en première lecture des propositions de lois modifiant l'actuelle loi de 1982 régissant le C.S.F.E. Ces deux propositions de lois (l'une déposée par les sénateurs U.M.P. et l'autre par les sénateurs socialistes), même si leur approche pouvait diverger pour des raisons idéologiques, proposaient bien un véritable pas en avant vers une réforme structurelle en profondeur de l'instance représentant les Français établis hors de France. Après un large débat dans l'hémicycle du Palais du Luxembourg (Cliquez ici pour le compte-rendu écrit complet du débat et ici pour l'enregistrement vidéo - durée 1h32), les deux propositions de lois ne forment plus qu'une seule loi adoptée à l'unanimité en première lecture par le Sénat . Cet acte, que l'on peut considérer comme fondateur d'une nouvelle volonté d'affirmer le rôle des Français de l'étranger et de leurs représentants élus s'articule autour de trois points :
Au-delà des modalités pratiques de ce premier volet de la réforme du C.S.F.E., l'aspect politique demeure le plus important et le meilleur garant, pour l'avenir, de la volonté des sénateurs représentant les Français établis hors de France de s'engager sur la voie de la reconnaissance, par la France, de la collectivité publique des Français établis hors de France. Le premier signe que j'y vois est l'unité des douze sénateurs (parmi lesquels se trouvent 9 U.M.P., 2 socialistes et 1 communiste) qui démontre leur appartenance à un même ensemble, une même collectivité. En effet, à l'instar des parlementaires d'une région française, tous unis lorsqu'il s'agit de défendre l'intérêt supérieur de leur collectivité, l'ensemble des sénateurs des Français de l'étranger ont parlé d'une même voix, proposé la même réforme et maintenu la même position lors des débats, celle d'une reconnaissance à terme de la collectivité publique des Français établis hors de France. Le second signe qui se dessine est celui, ressenti par chacun des parlementaires ayant participé aux débats du 4 mars 2004, que ce premier acte de la réforme des instances représentatives des Français établis hors de France devra être suivi par d'autres et plus particulièrement dans les domaines de la libre administration, de l'autonomie financière et de l'élargissement des compétences de l'Assemblée des Français de l'Etranger. Aujourd'hui, le cap est tracé, la volonté inébranlable et la détermination solidement ancrée dans l'esprit de chacun des sénateurs qui vous représentent. Les deux millions de Français résidant hors de France le méritent largement. Défendre cette idée participe de la logique de décentralisation de la France et c'est dans ce sens que je poursuivrai mon action, notamment auprès de mes collègues députés lors de l'examen de la proposition de loi à l'Assemblée Nationale. Michel Guerry
Lettre ouverte Comme vous le savez peut-être, avec onze autres de mes collègues, je représente au Sénat les deux millions de Français établis hors de France. A ce titre, je me rends très régulièrement à l'étranger tant pour rencontrer les différentes communautés françaises que pour prendre la pleine mesure de la réalité politique, sociologique et économique des pays et des populations que je visite. Je viens d'effectuer du 6 au 17 janvier une mission au Viet Nam où je me suis rendu tour à tour à Hanoi, Hochiminhville, à Along et dans le delta du Mékong. Autant dire, que la perspective de votre émission " Thalassa " du 23 janvier sur France 3 " Escale au Viet Nam ", m'intéressait vivement. Je ne commenterai pas votre choix éditorial, mais j'avoue avoir été déconcerté par la vision de détails que vous donnez du Viet Nam et le sentiment d'ensemble que tout spectateur, découvrant ce pays pour le première fois à travers " Thalassa ", en retire forcément. En insistant aussi lourdement sur les aspects misérabilistes du pauvre pêcheur et de la petite fille qui ne peut pas aller à l'école, votre émission biaise la vérité et porte préjudice aux efforts qu'entreprend le Viet Nam pour entrer de plain pied dans le XXIième siècle. Pourquoi insister, au prétexte d'images spectaculaires, sur la privation de scolarité de la petite Thu, sans dire que le Viet Nam possède un taux d'alphabétisation de 94% ? Philippe Lallet aurait pu souligner en écho que le problème de l'école vietnamienne réside, plus aujourd'hui, dans le fait que sur 800.000 bacheliers, seuls 200.000 d'entre eux vont à l'université, faute de place. …/… C'est omettre, par exemple, que l'essor depuis de nombreuses années de l'aquaculture permet, aujourd'hui, au Viet Nam d'exporter 40.000 tonnes de poissons à travers le monde, et de rappeler pourquoi pas, que ce sont des Français qui sont à l'origine de ce développement. Mais surtout, s'appesantir sur le cas malheureux de cette Vietnamienne emprisonnée en 1968 à Poulo Condor conduit à faire un amalgame entre la présence française qui s'est terminée, elle, en 1954 et la détention de cette femme durant la guerre entre le Viet Nam et les Etats-Unis. Les Français ont-ils besoin d'être culpabilisés aussi artificiellement pour faire de l'audience ? N'y a-t-il en effet que la mauvaise conscience comme ressort du public ? Ne serait-ce pas un meilleur enjeu que d'élever le débat au-delà d'un misérabilisme ambiant ? Je trouve dangereux ce mélange des genres qui a été le fil conducteur de l'émission du 23 janvier, d'autant que " Thalassa " -qui de plus est rediffusée par de nombreuses autres chaînes- ne nous avait pas habitué à cet exercice périlleux. Je sais que la critique est aisée, mais quand on connaît le poids des médias et leur répercussion sur l'image de la France à l'étranger, il est naturel qu'un homme politique vous interpelle. Les impératifs de l'audiovisuel et ceux de notre rayonnement sont conciliables. Michel Guerry
L'année 2003 qui vient de s'achever aura été marquée par des événements qui ont mis à mal la paix dans le monde et sur lesquels, lorsqu'ils ont directement touché les Français expatriés, nos compatriotes ont pu compter sur la mobilisation immédiate de leurs parlementaires les représentant au Sénat pour faire entendre leur voix. Tout d'abord, l'environnement international nous montre, quotidiennement, combien la paix est un bien précieux et précaire. Nos communautés françaises dans le monde n'ont pas été épargnées en 2003, que ce soit en Côte d'Ivoire, mais aussi en Centrafrique et dans bien d'autres zones sensibles du globe. Dans un tel contexte, la sécurité de nos compatriotes établis hors de France est plus que jamais une préoccupation constante à laquelle j'apporte une vigilance permanente, tant lors de mes rencontres à l'étranger que lors d'entretiens que je peux avoir avec les membres du Gouvernement auprès desquels je défend un plus grand renforcement de leur sécurité quotidienne, qu'il s'agisse des personnes comme de leurs biens. La sécurité sanitaire est également devenue plus que jamais un enjeu planétaire, comme l'a malheureusement mis en lumière l'apparition en Asie du S.R.A.S. Ensuite, la sécurité et la liberté des journalistes dans le monde démontre, hélas, la fragilité de cette paix. L'année 2003 aura été endeuillée par l'assassinat du journaliste Jean HELENE en Côte d'Ivoire et par de nombreuses autres exactions à l'encontre de journalistes français -mais étrangers aussi- à travers le monde. Ces entraves à la liberté d'information sont un enjeu majeur pour la défense de la démocratie et de la libre information de tout un chacun. J'entends bien interpeller régulièrement le Gouvernement français sur les mesures concrètes qui doivent être mises en place pour garantir à nos compatriotes journalistes une liberté complète d'information, où que ce soit. Enfin, la liberté ne peut se concevoir sans que les Français de l'étranger ne soit placés au cur des préoccupations du Gouvernement en la matière. Il ne peut y avoir de liberté sans que le droit à une éducation de bon niveau soit garantie. Vous pourrez compter sur ma détermination pour que 2004 assure à tous un enseignement français à l'étranger à la hauteur de leurs attentes et des ambitions de la France. A vous tous je souhaite une excellente année 2004 qui soit porteuse de paix et d'espoir dans un monde où la voix de la France, forte de son message universaliste, soit entendue et comprise. Michel Guerry
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