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Pour une véritable aide publique au développement et non plus la charité… Tel que défini par la LOLF, le projet de loi de finances pour 2006 prévoit 3 milliards d’euros au titre de l’aide publique au développement. Cela place la France au 5 ème rang des contributeurs de l’Agence internationale de développement et au 1 er rang des contributeurs du Fonds africain de développement. Pour autant, il devient nécessaire que de véritables mesures conditionnent désormais le versement de notre aide publique au développement. De trop nombreux pays qui sont attributaires de cette aide française, ne remplissent pas en contrepartie leurs engagements envers nos compatriotes de l’étranger et plus particulièrement ceux ayant accompli dans ces pays leur parcours professionnel. C’est le cas, notamment en matière de versement des retraites. Les difficultés récurrentes rencontrées par nos compatriotes pensionnés des caisses de retraite des pays d’Afrique francophone pour obtenir le paiement de leurs pensions, y compris quand il existe une convention de sécurité sociale, sont de plus en plus préoccupantes. Il s’agit là de faire respecter un droit, puisque nos compatriotes ont acquitté des cotisations durant leur activité. Ils n’ont pas être pénalisés par des décisions unilatérales. Je suis intervenu à de nombreuses reprises pour alerter les pouvoirs publics sur ces dérives. Le ministère des affaires étrangères intervient, lui-même, très régulièrement pour rappeler ces engagements à nos partenaires, lors de rencontres bilatérales. Mais qu’en est-il vraiment des résultats concrets ? La réponse m’a été donnée dans un courrier du directeur de cabinet du ministre des affaires étrangères le 24 novembre 2004 : « Ces démarches ont montré leurs limites. Quand les résultats sont obtenus, ils sont précaires. Certains Etats, notamment le Congo, n’y donnent pas suite et ne respectent pas les engagements conventionnels qu’ils ont souscrits. » Etablir des règles claires, pour conditionner le versement de notre aide, est devenu un enjeu essentiel. La responsabilisation des pays destinataires de contributions financières françaises doit faire partie intégrante de notre politique d’aide au développement. Dans ce contexte, l’établissement d’un lien de conditionnalité entre le paiement des retraites de nos compatriotes et les concours financiers français aux pays concernés est, plus que jamais, indispensable. Notre solidarité nationale doit également s’exercer envers nos compatriotes de l’étranger, en faisant respecter leurs droits vis-à-vis des pays où ils résident. Joyeux Noël et Bonne Année 2006 à toutes et tous !
La France brûle-t-elle ? Lors des violences dans les banlieues françaises, je me trouvais en mission aux Etats-Unis, en Inde et au Sri Lanka. La vision que j’ai alors eue de ces émeutes ne laissait, hélas, aucun doute quant à la « guerre civile » qui embrasait toutes les provinces françaises et au climat insurrectionnel qui prévalait en France. Les médias internationaux et locaux nous présentaient un pays paralysé par cette crise, stigmatisaient au passage le modèle français d’intégration qui a mené le pays au bord de l’implosion et déconseillaient aux touristes de se rendre dans les « zones de guérillas » ! A mon retour, j’ai pu constater que, bien évidemment, le pays portait les traces physiques des ces violences, mais il n’était pas en pleine guerre civile. Cependant, le malaise au sein de notre société, mis en lumière par ces terribles événements, est bel et bien palpable. Plus de trente années d’un discours inadapté -inapplicable parce qu’utopiste, ou irréaliste parce que laxiste ou maximaliste- ont conduit le pays à ces violences urbaines inqualifiables. Ces violences masquent, à l’évidence, un malaise beaucoup plus profond. Elles doivent permettre à tous les Français d’être aujourd’hui conscients d’une chose : il est grand temps d’agir et de manière concrète. Comme l’a souligné le Président de la République, le 14 novembre, dans sa déclaration aux Français (cliquer ici pour consulter le texte de l'intervention) : « […] l'adhésion à la loi et aux valeurs de la République passe nécessairement par la justice, la fraternité, la générosité. C'est ce qui fait que l'on appartient à une communauté nationale. C'est dans les mots et les regards, avec le cœur et dans les faits, que se marque le respect auquel chacun a droit. Et je veux dire aux enfants des quartiers difficiles, quelles que soient leurs origines, qu'ils sont tous les filles et les fils de la République. » Comme le dit l’adage : ce qui ne tue pas rend plus fort. La France a déjà, hélas, traversé des périodes tout aussi difficiles et je ne doute pas, qu’une fois de plus, elle surmontera cette épreuve pour repartir de l’avant, à la condition de nous mobiliser tous. « […] nous ne changerons pas les choses en profondeur sans l'engagement de chacun. Sans une profonde évolution des esprits. » (Jacques Chirac, 14 novembre 2005).
Evian et après… Les journées parlementaires UMP ont été l’occasion pour les sénateurs et députés de ce parti de se retrouver autour des membres du Gouvernement pour aborder les thèmes qui seront au cœur de l’action politique pour la session 2005-2006. Deux grandes thématiques : « Revaloriser le travail : une nécessité économique et sociale, un projet politique. » Nous avons abordé le rapport que les Français entretiennent aujourd’hui avec le travail et « planché » sur les moyens pour améliorer les revenus du travail, pour augmenter le taux d’activité des jeunes et des seniors et sur les mesures pour encourager le retour à l’emploi. « Attractivité de la France et localisation des activités : des outils au service du développement économique et de la dynamique de l’emploi. » Quelles sont les faiblesses structurelles de l’économie française face aux délocalisations ? C’est autour de cette question que nous avons réfléchi aux moyens pour valoriser nos atouts et faciliter la création et le développement des entreprises. En conclusion des ces journées, pas de petites phrases pour ravir les journalistes, mais un travail à l’écoute des attentes de nos compatriotes et un seul objectif : redonner aux Français confiance en leur pays et surtout en eux-mêmes.
La raison d’être de l’UNION des Français de l’étranger Parodiant Montaigne dans ses Essais, je vous dirais à propos de l’Union des Français de l’Etranger, « Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en répondant : parce que c'était elle, parce que c'était moi.» Au-delà de ce trait d’humour, il y a une réalité que tous, Français expatriés, nous ressentons à travers le monde : l’Union des Français de l’Etranger nous lie et nous relie mieux que quiconque et ce, depuis bientôt quatre-vingts ans. L’UFE se trouve à l’origine des plus grandes avancées que les « Français de l’extérieur » -comme l’on disait auparavant- ont obtenu tant pour leur statut que pour leurs droits. Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, la métropole, oubliant les sacrifices partagés, a manifesté, avec une particulière évidence, son indifférence à l'égard des Français établis à l'étranger. Elle s'est comportée, comme écrivait l’un de ses présidents « plus en marâtre qu'en Mère Patrie ». C'est ainsi que ces Français venus de loin se heurtaient à de grandes difficultés pour obtenir l'indemnisation de leurs biens perdus, pour faire reconnaître la plénitude de leurs droits d'anciens combattants, et surtout pour faire inclure les fils de ceux qui, rentrés en France pour la défendre, étaient tombés au Champ d'Honneur, parmi les pupilles de la Nation. Sensible à cet état de choses, un homme généreux et efficace, Gabriel Wernle, prit l'initiative de réunir de bonnes volontés et de fonder en 1927 l'Union des Français de l'Etranger, dont il restera, jusqu'à sa mort, l'animateur dynamique et obstiné. De 1927 à 1946, l’UFE a été le seul interlocuteur des pouvoirs publics qui lui ont accordé, le 11 décembre 1936, la reconnaissance d’utilité publique. L’UFE est demeuré le lien vivant -tant matériel que moral- entre la France et ses expatriés, l'avocat et le défenseur des Français de l’étranger auprès des pouvoirs publics et de l'opinion métropolitaine. Le première des ses préoccupations était d'éviter que des événements internationaux ou des mesures d'ordre interne, n'aient d'incidences fâcheuses à l’égard des Français de l’étranger. Le 13 décembre 1946, pour la première fois 3 Conseillers de la République représentant les Français de l’extérieur sont désignés, parmi lesquels figure Ernest Pezet, président de l’UFE. Et le 7 juillet 1948, le projet proposé avant la guerre par l'UFE voit le jour avec la création du Conseil supérieur des Français de l'étranger (CSFE), assurant ainsi une représentation institutionnelle et permanente des Français de l’étranger auprès du Gouvernement. Dès lors et tout au long des presque soixante années qui se sont écoulées, l’UFE a été, sinon à l’origine, du moins l’acteur essentiel des grandes réalisations qui ont changé la vie des deux millions de Français hors de nos frontières et parmi lesquelles je citerai les plus marquantes : - le droit de vote à l’élection présidentielle pour les Français expatriés en 1976, - la création de la caisse de sécurité sociale des expatriés en 1978 qui devient la Caisse des Français de l’Etranger en 1985, - l’élection des membres du CSFE au suffrage universel direct en 1982, - l’élection des sénateurs représentant les Français établis hors de France par un collège électoral formé des élus du CSFE en 1983, - la création de l’agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) en 1990, - l’instauration du vote électronique pour les Français établis hors de France en 2003, - et enfin, la transformation du CSFE en Assemblée des Français de l’étranger avec un renforcement de ses prérogatives en 2004. L’UFE est effectivement incontournable dans les grands projets qui améliorent la vie de nos compatriotes hors de France. Ce succès, l’UFE le doit à son engagement au seul service de la France dans le monde et ce, sans arrière-pensée politicienne. Aujourd’hui, avec 150 représentations dans plus de cent pays et près de 25.000 membres, la plus ancienne association de Français expatriés est plus que jamais le symbole vivant du rassemblement, celui de femmes et d’hommes qui mènent un même combat, celui des Français à l’étranger. Voici donc en quelques mots le sens de mon engagement auprès de l’UFE.
ÉDITORIAL DE JUILLET-AOUT 2005 Les temps changeraient-ils ? A force de ne pas dire toute la vérité aux Français, de leur masquer cette vérité, on a laissé aux médias une place facile à occuper pour démontrer à nos compatriotes que les politiciens ne sont pas crédibles et qu’ils sont déconnectés de la réalité. L’anesthésie a gagné tout le monde… Mais aujourd’hui, le réveil est plutôt brutal. La France est en effet au bord de la faillite, ses chômeurs se comptent par millions et aucun signe positif de reprise ou d’espoir de relance ne luit à l’horizon. Il semblerait pourtant que les choses soient en train d’évoluer et de changer de manière plus radicale. Cette fois le discours politique semble avoir changé et la langue de bois est en net recul. Certains esprits chagrins trouveront que ce n’est là que de l’effet d’annonce, mais en y regardant de plus près c’est un effet d’annonce suivi de réalisations et c’est là, le vrai changement ! En témoignent les récentes déclarations de Thierry Breton sur l’état de nos finances et l’importance du service de la dette ainsi que les positions de Nicolas Sarkozy concernant la sécurité dans les cités, sur nos routes, etc. Ces discours ont été suivis de propositions, mais surtout ils ont eu le mérite de dire en face aux Français que leur pays n’était pas ce coin de paradis éternel dans lequel certains leur font croire qu’ils vivent. Certes, la rudesse des propos peut heurter. Il est cependant grand temps que les Français acceptent d’entendre la vérité, se ressaisissent et cessent de ne trouver comme seule réponse - à ce qu’on leur propose- le désaveu du gouvernement en place. Ce fut le cas par le passé, notamment pour les réformes scolaires d’Alain Devaquet, de Claude Allègre ou de François Fillon, pour ne citer que celles-là. En fin de compte, et peut-être à tort, la rue a eu raison de ces ministres qui avaient dû alors démissionner. Ce n’est avec ce genre de réponse que l’on apporte des solutions d’avenir… Au-delà des sensibilités politiques des uns et des autres, les réformes sont plus que jamais nécessaires parce que c’est l’avenir même du pays qui est en jeu.
Entre tristesse et fierté… ( cliquez ici pour accéder aux détails par pays des votes des français de l'étranger) A côté de tous les commentaires que l’on a pu entendre depuis ce désaveu, je ressens un double sentiment de tristesse mais aussi de fierté. La tristesse tout d’abord que nos compatriotes aient choisi ce référendum pour montrer leur mécontentement sur le plan de la politique intérieure et n’aient pas saisi l’enjeu formidable de donner un nouvel élan à la construction européenne. La tristesse également que les leaders politiques n’aient pas mieux su se faire comprendre et se soient laissés empêtrer dans un discours franco-français où l’arrogance le disputait à l’inconscience. Et aussi un sentiment de tristesse vis-à-vis de l’image que nous avons de notre propre pays, de notre incapacité à nous transcender pour un enjeu qui dépasse chacune de nos existences et, au final, l’impression d’un gâchis. Mais au-delà de ce rendez-vous raté, c’est surtout un sentiment de fierté que je veux retenir du référendum. La fierté d’être le représentant de Françaises et de Français qui, hors de nos frontières, ont par 80,99 % des votes dit « OUI » à la constitution européenne. La fierté que l’enjeu principal de ce référendum n’ait pas été dévoyé comme en France et soit resté au cœur des votes de chacune et chacun de nos compatriotes hors de France. Enfin, la fierté d’appartenir à la catégorie de ceux qui savent - mieux que quiconque - que vivre hors des frontières de son pays donne une meilleure vision de ce qui est bon pour la France, parce que l’expatriation c’est la permanente lutte pour préserver son identité propre dans une société qui évolue selon des règles différentes des nôtres. A l’instar de la devise de l’Union européenne que propose la constitution, les Français de l’étranger ont su restés unis dans la diversité de leurs situations.
De retour des rives du Potomac et de la Silicon Valley… George W. BUSH avait-il si tort de parler de la Vieille Europe ? Revenir d’une mission aux Etats-Unis d’Amérique et après y avoir rencontré des responsables à haut niveau -membres du gouvernement, parlementaires, acteurs économiques de premier plan et même des diplomates étrangers en poste aux Etats-Unis comme le consul général du Mexique à Phoenix- le moins que l’on puisse dire c’est que « ça décoiffe » ! Revenir d’un pays regardant vers l’avenir, construisant le monde de demain et s’en retourner dans un pays tristounet, certes où il fait bon vivre, « ça décoiffe » encore ! * * * L’Administration américaine, au plus haut niveau, n’a aucun doute sur la maîtrise possible des déficits abyssaux. George W. BUSH se déclare prêt à financer tout ce qui peut faire avancer la démocratie même si l’on affirme que l’on ne refera pas une guerre irakienne. Il n’ y plus, dans l’opinion publique, le même ressentiment vis-à-vis de la France qui a retrouvé sa grande cote de popularité, même si tout n’est pas oublié entre les Etats-Unis et l’Europe. Le dernier accroc dans les relations entre l’Amérique et l’Europe est l’embargo sur les armements pour la Chine, mais durera-t-il ? Les parlementaires ne sont plus des soutiens aussi inconditionnels à la politique de George W. BUSH, mais les Américains, tous les Américains, soutiennent leurs « boys » qu’ils soient en Irak ou ailleurs. * * * Les milieux économiques que nous avons rencontrés n’ont, quant à eux, aucun état d’âme et l’Union européenne risque fort de se retrouver à la remorque si elle ne réagit pas rapidement, notamment dans le domaine des biotechnologies, mais aussi dans ceux de nos savoir-faire ancestraux comme la vigne et le vin. Mais surtout -et c’est là probablement le véritable danger qui nécessitera chez nous un changement de culture- ce qui a frappé les membres de la mission c’est la symbiose entre les industries, notamment de pointe, et les universités américaines. S’il existait encore en Amérique il y a vingt ans un mur entre les industries et les universités, progressivement des fenêtres se sont ouvertes, puis des portes et aujourd’hui, le mur est complètement tombé. Les universités et les industries travaillent maintenant en union très étroite. S’imagine-t-on la formidable accélération des connaissances et du développement que cela crée ? Nous sommes loin de tout cela -surtout en France- et c’est cela qui a le plus interpellé notre petit groupe de sénateurs. * * * Bien sûr tout n’est pas complètement rose aux Etats-Unis. Il y a plus de 30 millions de pauvres, des riches qui le deviennent davantage chaque jour, un système de couverture sociale qui ne fonctionne pas malgré des dépenses considérables, une immigration clandestine qui est traitée de façon hypocrite et un système de retraite très critiqué. Mais à la différence de notre continent, personne aux Etats-Unis ne se cache ces problèmes. * * * Les Américains sont assez semblables aux Français de l’étranger, ils abordent les choses avec une attitude positive. Nous devrions nous en inspirer en métropole.
Depuis l’origine, la France a pris la tête de tous les progrès européens. C’est une responsabilité historique pour notre pays et pour chacun de nos compatriotes. La Constitution représente une nouvelle marche en avant. Les Français doivent y prendre toute leur part en répondant « oui ». C’est ainsi que nous serons fidèles à notre histoire, à notre passé, à nos traditions. C’est ainsi que nous préparerons l’avenir. C’est ainsi que nous renforcerons l’Europe qui est la garantie de la paix et d’une nouvelle prospérité sur notre continent depuis plus de 50 ans. En nous donnant cette Constitution, il s’agit pour nous de dire Oui à l’Europe : Oui à des valeurs qui sont celles de la France et que vont partager tous les Européens La Constitution proclame des valeurs communes : la démocratie, le respect des libertés individuelles et collectives, l’égalité des sexes, la liberté d’opinion, les droits sociaux pour les salariés. Ces valeurs sont celles de la France. Nous devons nous réjouir qu’elles puissent désormais avoir force de loi pour 450 millions d’Européens. C’est de surcroît notre intérêt de vivre au cœur d’un espace géographique démocratique et en paix. La Constitution est le couronnement de la vision française de l’Europe, contre la vision anglo-saxonne, purement libre-échangiste et intergouvernementale. Oui à une Europe en mouvement pour vaincre tous les immobilismes La Constitution donne à la grande Europe des 25 les règles dont elle a besoin pour fonctionner de manière efficace. Tous les Européens en conviennent : les règles mises au point en 1957 pour le petit Marché commun des six pays fondateurs et reprises dans tous les traités successifs, sont désormais complètement inadaptées à la grande Europe politique. Pour ce qui est des votes au sein du Conseil des ministres, la Constitution introduit la règle de la « double majorité » selon laquelle une décision sera prise si elle recueille au moins l’accord de 55% du nombre d’Etats représentant 65% de la population de l’Union. Cette nouvelle règle facilite la prise de décision tout en reconnaissant que l’Union européenne puise ses fondements à la source d’une double légitimité : celle des Etats et celle des citoyens. Quant à l’unanimité requise jusqu’ici pour la prise de décisions essentielles, elle justifie trop de lenteurs et d’immobilisme. Bien des insuffisances actuelles viennent d’un déficit d’action. Avec la nouvelle Constitution, davantage de décisions se prendront à la majorité, donnant une capacité d’action collective sur des sujets-clefs pour lesquels nous ne sommes plus assez efficaces au niveau national. Ainsi en matière d’asile et d’immigration, de coopération policière et judiciaire, de protection des services publics, nous pourrons prendre de nouvelles initiatives sans être bridés par la règle de l’unanimité. Enfin les pays qui voudront décider plus vite et aller plus loin ensemble sur la route de l’unité pourront le faire grâce aux « coopérations renforcées », par exemple en matière fiscale ou en matière de défense. C’est un progrès considérable que la France n’a cessé d’appeler de ses vœux. Oui à une Europe qui se donne les moyens d’être une puissance politique La Constitution transforme l’Europe commerciale et monétaire en une vraie Europe politique. Elle lui donne un visage et une humanité. L’élection pour deux ans et demi d’un Président du Conseil européen ira en ce sens. L’Union jouera un rôle plus efficace en politique étrangère et de défense, avec la nomination d’un ministre des affaires étrangères de l’Union et la création d’une agence européenne de la défense. Une « clause de défense mutuelle » est par ailleurs introduite : si l’un des Etats membres de l’Union fait l’objet d’une agression, les autres ont un devoir d’assistance à son égard. En ce qui concerne les autres menaces (terrorisme, catastrophes naturelles), la « clause de solidarité » introduite par la Constitution assigne également à l’Union et à chaque Etat membre le devoir de porter assistance, par tous les moyens, à un Etat membre touché par une telle catastrophe. L’Union européenne pourra par ailleurs siéger dans toutes les organisations ou négociations internationales relatives à son champ de compétences : elle jouera un rôle-clef dans les négociations, de plus en plus nombreuses et déterminantes, relatives au commerce, aux finances, à la monnaie, aux transports, aux télécommunications, à la science, à l’énergie, à l’environnement, à la coopération et à l’aide humanitaire. Oui à une Europe plus proche des préoccupations des citoyens La Constitution offre aux citoyens la place qui doit être la leur : la première. Les parlementaires européens, qu’ils éliront, seront compétents, à égalité avec le Conseil des ministres, pour plus de trente nouveaux domaines grâce à la généralisation de la procédure de codécision. Il en est de même en matière budgétaire. En matière de contrôle politique, le Parlement européen élira le Président de la Commission proposé par le Conseil européen. Les Chefs d’Etat et de gouvernement devront tenir compte des résultats des élections européennes et de la majorité sortie des urnes. Cela contribuera à donner du poids au vote des citoyens européens, qui pourront influencer réellement le cours de la vie politique européenne. La Constitution affirme par ailleurs le rôle des parlements nationaux dans le contrôle du respect du partage des compétences entre l’Union et les Etats membres grâce à l’introduction d’un « mécanisme d’alerte précoce » qui permet à chaque Parlement national de signaler les risques de violation du principe de subsidiarité par les institutions européennes, voire d’en saisir la Cour de justice en cas de refus de la Commission de modifier sa proposition. Les citoyens pourront influer dès l’origine sur les futures révisions de la Constitution ou sur d’éventuelles nouvelles négociations d’élargissement de l’Union. Ils disposeront d’un droit d’initiative populaire en vertu duquel, sur pétition d’un million de signatures, ils pourront demander à la Commission de proposer un projet de loi sur un sujet déterminé. C’est un pouvoir inconnu à ce jour en France comme dans la plupart des pays d’Europe. La publicité des travaux du Conseil des ministres, lorsque celui-ci délibère sur une loi européenne, permettront d’assurer l’information des citoyens et faciliteront la participation de la société civile à l’élaboration des normes. Elle permettra d’assurer une réelle transparence dans le fonctionnement des institutions. La Constitution européenne enrichit également le contenu de la citoyenneté européenne en garantissant les droits des citoyens européens : libre circulation et libre séjour, droit de vote et d’éligibilité au Parlement européen ainsi qu’aux élections municipales quel que soit le lieu de résidence, droit à la protection diplomatique et consulaire, droit de s’adresser au Médiateur européen et d’écrire aux institutions dans l’une des langues de l’Union et de recevoir une réponse dans la même langue. Michel Guerry
Ce constat si nous l’avons déjà tous fait en ce qui concerne notre propre vie, il prend une force d’autant plus grande lorsque l’on se trouve aux antipodes en Australie et Nouvelle-Zélande, comme ce fut mon cas lors d’un déplacement où j’accompagnais le ministre délégué aux anciens combattants. Cet aphorisme est a fortiori valable pour un pays comme la France. Ce déplacement officiel en Océanie était destiné à renforcer les liens avec cette partie du monde que l’Histoire nous a rendu très proche, puisque des australiens et des néo-zélandais ont participé activement aux deux conflits mondiaux. Il était donc important d’apporter, une nouvelle fois, le témoignage de la reconnaissance de notre pays envers ces femmes et ces hommes, dont 300.000 d’entre eux sont morts pour sauver notre pays. Un pays puissant comme la France doit conserver présent dans son esprit le fait que rien ne peut se faire aujourd’hui sans être unis et solidaires ; c’est le sens même de la construction européenne dont un nouveau chapitre -peut-être le plus important- va se jouer lors du référendum sur le projet de constitution. C’est pour cette raison qu’à Versailles, j’ai voté « oui » à la réforme de la Constitution lors du Congrès du Parlement le 28 février 2005. Michel Guerry
Faire entendre la voix des Français de l’étranger est une tâche incessante où l’opiniâtreté est une règle immuable et la vigilance un combat de chaque instant. Dans cette communication, l’INSEE mentionne que la population française est de soixante deux millions de personnes se répartissant comme suit : soixante millions deux cents mille personnes en métropole et un million huit cents mille outre-mer. Je me suis légitimement étonné qu’aucune mention des deux millions de Français résidant hors de France ne soit faite dans cette communication, alors même que c’est l’INSEE qui établit pour le ministère des affaires étrangères les statistiques concernant les Français de l’étranger. En conséquence, je lui ai demandé qu’à l’avenir les recensements de population indiquent également le nombre de Français expatriés dans le chiffre global de la population française. Certains diront que c’est un détail, mais c’est à ce genre de détail que l’on peut malheureusement mesurer l’oubli que l’on fait trop facilement des Français de l’étranger, oubli qui contribue à la méconnaissance, par nos compatriotes de métropole, de la réalité de notre vie quotidienne, à nous, Français de l’étranger. Michel Guerry
SOLIDARITÉ AUTOUR DU MONDE Inutile d’insister sur l’ampleur inimaginable de la catastrophe qui, depuis le 26 décembre 2004, a frappé l’Asie du Sud. Conscient de sa fragilité, le monde entier s’est senti cette fois concerné.
Aussi, jamais de mémoire humaine un élan mondial de solidarité n’a vu le jour. Vous trouverez d’ailleurs sur ce site la liste de plusieurs organismes ou institutions aptes à recueillir le cas échéant vos contributions. Mais, au-delà de la première émotion, il s’agira de tenir sur la durée. Plusieurs années seront nécessaires pour que les zones sinistrées retrouvent un semblant de vie normale. Dans cet ordre d’idée, il est un relais que je tiens particulièrement à vous signaler. Beaucoup connaissent l’action de coopération franco-indienne que nous menons au Tamil Nadu avec l’ONG. Gandeepam et l’Institut français de Pondichéry. Dans un contact direct avec le Dr. Ramani, responsable de Gandeepam, celui-ci qui immédiatement s’était porté avec des dizaines de ses collaborateurs au secours des sinistrés, me faisait état de 20 000 réfugiés sous les tentes, qu'il a pu ainsi loger, soigner et nourrir . De son coté, Jean-Pierre Muller, le directeur de l’Institut, lance un appel de fonds à travers l’association France-Solidarité (Pondichéry) constituée en mars 2001 à l’occasion du tremblement de terre du Gudjarat. C’est le moyen le plus direct et le plus sûr d’aider ces gens et d’avoir en retour des informations sur l’utilisation de vos contributions. Les chèques devront être libellés à «France-Solidarité (Pondichéry), compte 85441, State Bank of India, Pondichéry» et être transmis à Monsieur Claude Marius, 106 Ste Thérèse Street, 605001 Pondichéry, Inde. email: france_solidarite_pondichery@yahoo.fr Je compte sur vous. MICHEL GUERRY
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