ÉDITORIAL DE DECEMBRE 2006 Sarko » et « Ségo » Ces deux personnalités sont le signe que la France veut changer, que nous sommes bien sûr en train de changer de génération, en train de changer d’attitude face à la planète qui se mondialise. Les Français comprennent maintenant qu’ils ne pouvaient pas privilégier le « ministère du temps libre » alors que tous les autres se plongeaient dans la modernité. Il y a des moments de l’Histoire où les peuples basculent. Après Guerre et sans le Général de Gaulle, qui nous a montré le chemin et nous a quelque peu bousculés, que serions-nous devenus, si ce n’est une nation de second plan ? Ainsi, jusqu’en 1980, notre pays était regardé comme un pays d’avant-garde. Nous devons résolument nous plonger dans cette modernité qu’est devenue la mondialisation : abolir les 35 heures qui sont une absurdité et pourquoi pas l’ISF qui ne redistribue rien. Le dénigrement de notre pays -surtout à gauche- et la complaisance envers des minorités bruyantes qui ne correspondent qu'a des expressions minoritaires est de moins en moins acceptées par le pays. Grâce à « SARKO » et « SEGO », nous pouvons devenir à nouveau un pays dynamique qui retrouvera les moyens de mieux traiter ses concitoyens. Nos concitoyens vivant hors de France ainsi que les étrangers que je rencontre savent bien que la France possède des atouts considérables et le dynamisme pour en profiter, pour peu que les Français en aient la volonté. La prochaine échéance présidentielle devra être le déclic qui nous permettra de faire redécoller notre vieille nation et lui faire retrouver la place éminente qu’elle a eue et qu’un cercle vertueux soit retrouvé. Le 6 mai 2007, nous saurons si la France a envie de rester dans le peloton de tête, en Europe et dans le monde. Retrouvons la confiance ! En attendant, j'adresse à toutes et tous mes vœux les plus
chaleureux pour cette fin d’année.
ÉDITORIAL DE NOVEMBRE 2006 A l'initiative de Monsieur Hamlaoui Mekachera, Ministre délégué aux Anciens combattants de notre pays, les premières "Rencontres internationales sur la Mémoire partagée" se sont tenues les 26 et 27 octobre à Paris, sous le Patronage de l'UNESCO. Rencontres, comme le soulignait le ministre, " entre 24 pays ayant en commun une page d'histoire et voulant approfondir les liens d'amitiés qui les unissent aujourd'hui". J'y assistais. On se doute aisément de la nature des propos échangés, des thèmes évoqués pour que le souvenir des conflits qui, à plusieurs reprises, ont ensanglanté notre planète, soit préservé. Que cette mémoire soit transmise aux générations futures et souligne inlassablement l'absurdité de la Guerre. Il est un thème abordé par le représentant de l'U.N.I.C.E.F. sur lequel je voudrais particulièrement insister : Celui des enfants soldats ! Qui, comme moi, au Rwanda ou ailleurs, a croisé le regard de ces êtres déshumanisés par ces tueries auxquelles, non seulement ils ont assisté, mais dont ils ont été presque toujours les acteurs, se demande s'il existe une limite à l'horreur ? Je forme le vœu, qu'au nom de leur mémoire et de leur propre souffrance, les anciens combattants se penchent sur des actions à entreprendre pour mettre fin à cette ignominie et tenter de réinsérer ces enfants dans la Vie, si cela peut encore se faire.
ÉDITORIAL D'OCTOBRE 2006 Le 27 octobre, le Sénat s’associe une fois de plus à l’association Femmes 3000, pour célébrer la réussite de Françaises à l’étranger. Cette initiative, que je parraine pour la seconde fois, est placée sous le haut patronage du Président du Sénat, Christian Poncelet, et se déroulera dans les salons de la Présidence du Sénat. Il y a deux ans, ce furent trois Françaises résidant en Asie et en Océanie qui ont ainsi été récompensées au cours d’une brillante soirée au Sénat, en présence des ministres Nicole Ameline et François Loos. Cette année ce sont des femmes qui ont particulièrement réussi en Amérique du Nord dans les domaines de l’image de la France à l’étranger, de l’entreprise et des initiatives culturelles et sociales qui seront distinguées par les Trophées 2006 de Femmes 3000. Le grand nombre de candidatures qui ont été présentées est certainement le gage du succès grandissant que rencontre l’initiative lancée il y a trois ans par l’association Femmes 3000 et je tiens ici à remercier toutes les candidates qui ont concouru pour ces Trophées Femmes 3000. Le jury 2006 était composé de Mesdames Sonia BRESSLER, présidente de l’association des femmes journalistes, Christiane DEGRAIN, journaliste, Josiane GAUDE, chef d’entreprise et présidente de Femmes 3000, Lucette GOSSOT, diplomate, Marie-José GRANDJACQUES, présidente fondatrice de Femmes 3000, Line PIERNE, chef d’entreprise, Maryse WOLINSKI, écrivain journaliste et de moi-même. Après de longues délibérations les trois lauréates qui recevront le Trophée 2006 ont été désignées le 18 juillet dernier. Il s’agit de: -Madame Isabelle de SIBERT DUSASTRE, Française installée au Canada, qui est la créatrice de la «Randonnée des Neiges de Kelly Shyres Contre le Cancer du Sein»; -Madame Pascale BOURGUIGNON, résidente au Canada et créatrice des Editions «L’Escargot Atomic»; -Madame Dolorès BESTEIGUI, Française du Mexique, qui a transformé un groupe radiophonique gouvernemental, «IMER», en un groupe radiophonique public. A toutes j’adresse, d’ores et déjà, mes plus vives félicitations pour le travail qu’elles accomplissent quotidiennement dans leurs pays tant pour l’image de la France que pour celle de la Française à l’étranger.
En cette rentrée où tous s’agitent, tant dans le microcosme
politique que dans les médias et où toutes les suppositions
fusent pour savoir qui sera candidat de tel ou tel parti politique lors de
la présidentielle, mes pensées
vont plutôt vers le Liban, La guerre que vient de traverser le Liban aura causé 100.000
morts, victimes innocentes d’enjeux qui se situaient ailleurs. Je tiens tout d’abord à rendre hommage à l’extraordinaire
professionnalisme de l’armée française qui, au milieu
des combats, a organisé avec succès le rapatriement de nos
compatriotes et de bien d’autres résidents étrangers. Dans cette crise, notre pays -par la voix de Jacques Chirac,
Président de la République- a pris une position courageuse
et a fait entendre celle de la sagesse et de la raison. La voix d’une
nation qui sait ce que le mot guerre veut dire et surtout de ce qu’il
signifie pour les populations civiles. Notre pays s’est placé au cœur du processus
de sortie de crise et la voix de la France a retenti dans les plus hautes
instances internationales pour que la guerre cesse. Et la paix l’a
emporté. C’est maintenant à la FINUL que revient la lourde
responsabilité de faire respecter le cessez-le-feu et de rétablir
la paix au Liban. La France y prendra toute sa part, tant dans l’envoi
de Casques Bleus que dans l’aide à la reconstruction de ce pays
meurtri. Quelle que soit l’issue de cette guerre, on ne pourra
donc pas reprocher à la France de ne pas s’être assez
impliquée dans le processus de paix. Ce sont donc des pensées d’espérance
que je formule pour le Liban, pour que la haine et l’incompréhension
cèdent enfin la place à la tolérance et au dialogue.
Les Français du Liban y auront un grand rôle à jouer.
Les élections à l’Assemblée des Français de l’étranger viennent de se dérouler en Europe et en Asie et à partir du 4 septembre prochain, les 76 conseillers réélus ou nouvellement élus rejoindront leurs collègues pour travailler au service de leurs compatriotes. Au centre de leurs travaux se trouveront les principales précoccupations des Français de l’étranger. Tout d’abord, l’enseignement scolaire. L’avenir du réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger est un enjeu crucial pour l’expatriation. J’ai pu le remarquer dans mes déplacements, les Français s’expatrient plus facilement lorsque le pays d’accueil possède des établissements scolaires français. Le système des bourses scolaires suscitera lui aussi des débats approfondis. Il convient donc de nous pencher sur l’avenir du réseau de l’Agence et de trouver des solutions pérennes comme le développement du partenariat public-privé dont j’ai pu mesurer l’efficacité en Chine. Le renforcement des solidarités entre la métropole et les expatriés ensuite. Les comités consulaires en charge de la protection et de l’action sociales et de l’emploi et de la formation professionnelle accomplissent un formidable travail au sein de chaque consulat. Leur autonomie, qui sera au centre de nos débats, doit les conduire à être de véritables services de proximité pour nos compatriotes en duifficultés. La fiscalité des Français expatriés enfin, avec les réunions mensuelles du groupe de travail mis en place entre l’Assemblée et le ministère des finances et qui aura pour tâche de trouver une solution au problème de la résidence principale en France des Français de l’étranger. Avant cette rentrée studieuse au service de nos compatriotes de l’étranger, permettez-moi de vous souhaiter un excellent été et de bonnes vacances.
Notre pays possède une très longue tradition d’accueil, au sens le plus noble du terme. La France, patrie des droits de l’Homme et terre d’asile, peut s’enorgueillir d’avoir toujours accueilli en son sein les femmes et les hommes aspirant à une vie meilleure. Cependant, le débat actuel qui a lieu en France sur l’avenir et la modification des lois sur l’immigration réveillent de vieux démons qui n’ont pas lieu d’être à mon sens. Au-delà du pays d’asile et du pays d’accueil qu’a toujours été la France, l’immigration s’est avérée être un facteur de progrès et d’enrichissement tant culturel qu’économique pour notre pays. Parce qu’ils sont d’une ampleur inconnue jusqu’à aujourd’hui, les grands mouvements dus à notre histoire contemporaine et les flux migratoires importants à l’époque de la mondialisation rendent inévitable le renforcement des lois régissant l’immigration. Même si certains esprits assimilent le contrôle et la maîtrise de nos frontières à une attitude réactionnaire voire de replis, il serait bon que notre pays s’inspire de ce qui se pratique ailleurs en la matière et plus particulièrement au Canada qui a su prendre le problème à bras le corps. C’est ainsi que depuis de nombreuses années, le Canada a mis en place un réseau de bureaux de l’immigration à travers le monde (72 pays actuellement) qui encouragent et favorisent la venue d’étrangers qui répondent à un double critère : ils ont une volonté directe d’émigrer au Canada et ils présentent de plus un intérêt pour le pays. Le Canada a tellement bien su gérer et régler ce type de problématique, qu’un consensus politique autour de l’immigration s’est instauré parmi l’ensemble des différents partis du pays. Une immigration choisie n’est pas négative, c’est un avantage non négligeable pour les étrangers qui souhaitent venir s’installer en France et c’est également un plus pour notre pays. Michel Guerry
Le 18 juin prochain, 525.000 électeurs Français d’Europe, du Proche-Orient, d’Asie et d’Océanie seront appelés à renouveler pour six années les élus qui les représentent à l’Assemblée des Français de l’étranger. Pour la première fois et grâce à la fusion des listes électorales, les Français de l’étranger détiennent -par le nombre total des inscrits- un véritable poids électoral. Et pour la première fois également, nous allons expérimenter -dans l’ensemble des 25 circonscriptions renouvelables- le vote électronique par Internet en plus du vote en personne et du vote par correspondance. Les Français de l’étranger sont donc des pionniers ! Ces élections seront un enjeu majeur et ce à double titre. * Tout d’abord, parce que la représentativité des élus issus de ce scrutin dépendra de la participation de chacune et de chacun d’entre nous à ce scrutin. Cela va sans dire que si le taux de participation est élevé, la légitimité et le poids des élus qui vous représenteront n’en seront que plus importants. La participation massive des Français de l’étranger démontrera qu’ils sont désormais une vraie force électorale. * Le second enjeu est la place de l’Union des Français de l’Etranger (UFE) au sein de l’Assemblée des Français de l’étranger. Aujourd’hui, les élus du groupe UFE représentent la majorité absolue (92 membres sur 182) de l’Assemblée et c’est grâce à ce nombre que nous pouvons faire progresser nos idées et défendre au mieux les intérêts des Français expatriés auprès des Pouvoirs publics. C’est par la mobilisation de toutes et de tous, lors du scrutin, que nous conserverons cette place primordiale au sein de l’Assemblée et que l’UFE continuera de défendre nos idées et nos couleurs. * C’est donc un appel à une participation importante et à une mobilisation massive pour l’UFE que je vous lance pour les élections du 18 juin prochain.
Et si on ouvrait les yeux… La compétition -qu’elle soit politique, économique, sociale ou culturelle- est désormais planétaire. La France ne peut donc plus compter sur son seul marché interne et ne doit plus se contenter d’une perpétuelle auto-satisfaction. Tout pays dynamique doit désormais gérer un étranger et son potentiel quotidien de marchés, de partenariats, d’appuis. Il faut donc que nos concitoyens, nos faiseurs d’opinion -que sont nos formateurs, nos responsables de presse, nos dirigeants politiques et nos intellectuels- en prennent davantage conscience. Conscience que la présence de Français à l’étranger n’est pas la fuite médiatique de quelques stars, mais l’implantation, à travers le monde, d’entreprises de notre pays et ce, par l’expatriation nécessaire de forces vives ! Conscience que le maintien et le développement de réseaux, Conscience que la 1ère Journée des Français de l’étranger, organisée par le Sénat le 4 mars 2006 a été l’occasion brillante de faire se rencontrer et débattre plusieurs de nos expatriés représentatifs avec plus de trois mille Français concernés par l’expatriation et notamment des jeunes. Conscience enfin qu’à cette occasion on a pu mesurer le chemin qu’il reste à parcourir dans l’opinion publique, pour changer les marques d’intérêt. En témoignent les échos extrêmement limités qui sont parus dans la presse ! Le comble de cette myopie métropolitaine a été atteint par la seule allusion à cette journée portes ouvertes au Sénat qu’un quotidien gratuit (lu par plus de deux millions de lecteurs chaque jour) a faite en ignorant le fond mais en parlant de la perturbation occasionnée par une quinzaine de manifestants. Il est temps que s’établisse une réflexion profonde sur l’image de la France et de ses ressortissants à l’étranger face à une opinion publique métropolitaine nombriliste. Que cette réflexion mêle les politiques, les responsables éditoriaux des médias ainsi que les organismes privés ou publics concernés. L’expatriation concerne plus de 2.200.000 Français, l’équivalent d’une ville comme Paris. Cela mérite bien cette tentative. Michel Guerry
Faut il davantage « s’occuper de la Corrèze, plutôt que se soucier du Zambèze » selon la formule frileuse de beaucoup de nos souverainistes ? Il est vrai que revenant de Kigali, ayant
.... on s’interroge. Lorsqu’on fait le triste bilan de tous ces malades du sida, des victimes de la malaria, on peut raisonnablement se demander quelles sont les nécessités de la France de continuer à s’impliquer, ici comme dans beaucoup de pays voisins, dans l’avenir de ce pays ou de ces semblables. D’autant que les critiques sur notre pays ne manquent pas. Il est vrai que seuls nos soldats, avec leurs homologues belges, ont tenté de s’interposer entre Hutus et Tutsis, lors des violents combats fratricides de 1994. D’autant que ces contrées ne recèlent ni pétrole, ni minerais rares, ni grandes ressources à exploiter. Il est heureux que notre pays se mobilise encore sur des enjeux humanitaires et de développement des communautés, dans la tradition qui est la sienne. Plus que jamais, il est de notre devoir, de démontrer que tout à l’échelle de la planète est interaction et que la mondialisation en marche, incontournable, ne doit pas se vivre uniquement en termes de profit. Il en va aussi simplement de notre intérêt. Michel Guerry
2006 : Une année électorale Le 18 juin prochain, les Français résidant en Europe, Proche-Orient, Asie et Océanie seront appelés à renouveler leurs représentants à l’Assemblée des Français de l’étranger. Vingt cinq circonscriptions, 17 en Europe et 8 en Asie, Proche-Orient et Océanie, éliront au suffrage universel direct 76 Conseillers. De nouvelles circonscriptions ont été créées -comme Andorre, Dublin et Moscou- pour répondre à la croissance des communautés françaises. D’autres aussi ont vu modifier leurs nombres de sièges pour tenir compte de ces changements démographiques : l’Allemagne qui passe de 14 sièges à 10 (répartis
sur deux circonscriptions : Berlin, 4 sièges et Munich, 6) La Grande-Bretagne, l’Italie, Israël, l’Asie du Nord (Chine, Corée, Japon) et l’Asie du Sud-Est gagnent chacune un siège. Ensuite, les règles de propagande applicables seront très largement assouplies dans les circonscriptions d’Europe. Assouplissements dus aux amendements que j’ai présentés en Juillet 2005, lors des discussions de projets de loi relatifs à l’Assemblée des Français de l’étranger et à la fusion des listes électorales. La liberté d’expression politique, est garantie à tous les candidats se présentant et tous les électeurs dans les circonscriptions de l’Union européenne et dans les pays membres du Conseil de l’Europe ayant signé la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Désormais, seront donc autorisés les réunions, l'affichage, l'usage des moyens de communication, la liberté des correspondances, ainsi que la création de sites Internet à des fins de propagande. Enfin, pour la première fois, les électeurs auront la possibilité de choisir entre le vote en personne, le vote par correspondance et le vote électronique via Internet. Les opérations de vote électronique se dérouleront du 10 au 14 juin afin de pouvoir comptabiliser les résultats pour le jour du scrutin du 18 juin. Toutes ces novations n’ont qu’un but : Répondre aux attentes légitimes des Français de l’étranger en matière d’expression politique. A nous, donc, de nous mobiliser et de mobiliser nos compatriotes pour que la participation soit à la hauteur de ces avancées démocratiques. C’est un pas important sur la voie de la reconnaissance de la collectivité publique des Français de l’étranger et de son assemblée, digne de représenter les deux millions de Français expatriés que nous sommes. Michel Guerry
Le budget 2006 de l’AEFE, La valse hésitation que représente l’affectation budgétaire des 328 millions de crédits nécessaires à l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) entre les différentes direction du ministère des affaires étrangères ne doit pas masquer le fond du problème…Que ces crédits soient gérés par la direction générale de la coopération internationale et du développement (DGCID) plutôt que par la direction des Français de l’étranger (DFAE) n’a, en effet, qu’une importance relative au regard de la diminution effective et importante de la participation de l’Etat au financement de l’Agence. Diminution qui contraindra l’Agence à puiser de manière conséquente dans son fonds de roulement pour assumer ses obligations, spécialement en matière de bourses et de salaires, mais aussi concernant ses obligations nouvelles en matière immobilière qui ne peuvent être négligées notamment pour les travaux de sécurité.. En fait, ce sont 20 millions d’euros qui vont manquer ! En y ajoutant la hausse du Dollar, ainsi que l’augmentation du nombre d’élèves dans nos établissements, et vous comprendrez que je m’inquiète plus à ces sujets que de savoir plutôt si c’est la DGCID ou la DFAE qui doit avoir la tutelle de l’AEFE. Et pourtant l’affectation à la DGCID du budget de l’Agence est loin d’être rassurante. - Parce qu’elle va banaliser au sein de l’Action culturelle diffuse la réalité de l’enseignement français à l’étranger, une mission essentielle de service public permettant à chaque enfant Français à l’étranger de recevoir un enseignement scolaire équivalent à celui dispensé en France, respectée par tous les gouvernements. - Parce qu’en confiant à la DGCID l’ensemble de la gestion des crédits, ces objectifs ne pourront rester les mêmes. Comment cette direction assumera-t-elle le respect de cet engagement avec un budget en constante décroissance du fait de l’augmentation des bourses ? - Plus grave, parce que ce changement de tutelle constitue une menace pour le programme « Français à l’étranger et étrangers en France ». En effet, lors de l'établissement de la maquette budgétaire, il a été retenu comme principe qu'il convenait d'éviter les programmes inférieurs à 300 millions d’euros. Or si l'on retire 323 millions au programme « Français à l'étranger et étrangers en France », qui est doté de 603 millions, on tombe à 280 millions. Le risque que ce programme disparaisse l'année prochaine serait une injure à nos compatriotes résidant hors de France. Dans ce contexte particulier, il faut donc répartir différemment les crédits dévolus à l’Agence. Ainsi le programme « Rayonnement culturel et scientifique » (DGCID) doit recevoir la dotation budgétaire nécessaire au fonctionnement et au développement de l’Agence, soit cette année environ 280,7 millions d’euros. Et le programme « Français à l’étranger et étrangers en France » (DFAE) doit conserver les bourses scolaires, soit pour l’année 2006, 42,3 millions d’euros. Dans le cadre de la mission confiée par Jean-Pierre RAFFARIN, à mon collègue André FERRAND, sur l’avenir de l’Agence, j’avais rédigé une contribution tentant d’apporter un éclairage différent quant aux moyens possibles pour sortir cette dernière de son impasse financière. Je n’en rappellerais que quelques pistes : - que les pays accueillant des établissements scolaires français participent au financement, à hauteur du pourcentage d’élèves nationaux inscrits; les coûts de la scolarité diminueraient alors en proportion. - que l’Union européenne, contribue au budget d’investissement nécessaire à la création ou l’extension d’établissements situés dans un Etat membre, tous les élèves de l’Union étant traités sur un même pied d’égalité. - que chaque établissement puisse bénéficier d’un mode de financement identique dans l’ensemble du réseau et répondant à une double exigence d’implication du « public » et du « privé ». - qu’une implication plus importante des entreprises dans le système des bourses soit recherchée. Qu’elles soient incitées à prendre en charge les frais de scolarité des enfants en contrepartie d’allègements fiscaux. Enfin, faut-il le rappeler, l’implication concrète du ministère de l’éducation nationale dans la subvention versée à l’Agence est plus que jamais nécessaire, elle devient vitale. Vitale, oui, pour maintenir un réseau d’enseignement à la fois digne des attentes de nos compatriotes et à la hauteur des ambitions de notre pays. Bonne Année 2006 à toutes et tous
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