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Projet de loi de finances
pour 2004
Audition de Luc FERRY et Xavier DARCOS par la Commission des affaires
culturelles du Sénat
Interventions de Michel GUERRY
(cliquez ici )
LES
TRAVAUX DE LA COMMISSION DES AFFAIRES CULTURELLES du Sénat
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Mercredi 22 octobre 2003
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Présidence
de M. Jacques Valade, président.
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Projet de loi de finances pour
2004
Audition
de M. Luc Ferry, ministre
de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche,
et M. Xavier Darcos, ministre
délégué à l'enseignement scolaire
Au
cours d'une seconde séance tenue dans l'après-midi, la commission
a entendu MM. Luc Ferry, ministre de la jeunesse, de l'éducation
nationale et de la recherche, et Xavier Darcos, ministre délégué
à l'enseignement scolaire, sur le projet de budget de leur département
ministériel pour 2004.
Accueillant
les deux ministres, M. Jacques Valade, président, a souhaité
que, par-delà la présentation des crédits consacrés
au ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et
de la recherche par le projet de loi de finances pour 2004, l'audition
permette également d'aborder l'organisation de la consultation
nationale sur l'école dont les conclusions nourriront la préparation
de la prochaine loi d'orientation.
Evoquant
pour commencer l'esprit dans lequel avait été élaboré
le projet de budget de son ministère, dont les crédits globaux
progresseront de 3 % en 2004, et de 2,8 % au titre du seul enseignement
scolaire, M. Luc Ferry, ministre de la jeunesse, de l'éducation
nationale et de la recherche, a indiqué qu'il avait privilégié
une logique du redéploiement qui, contrairement à la pratique
du saupoudrage, permettait de financer des projets clairement identifiés.
Il
a ainsi précisé que, dans un souci de rééquilibrage,
une centaine de millions d'euros seraient transférés de
l'enseignement scolaire vers l'enseignement supérieur, et affectés
en priorité aux crédits d'investissement et de fonctionnement
des universités, qui progresseraient ainsi de 10%.
Il
a indiqué que ce transfert était assorti de l'engagement,
clair et public, pris par le ministère du budget, de ne procéder
à aucun gel ni à aucune régulation sur les crédits
de l'enseignement scolaire en 2004.
Insistant
sur le caractère novateur de cette mesure, il a également
noté que, pour accompagner l'évolution de la démographie,
1.500 emplois de maîtres seraient créés dans l'enseignement
primaire, et 1.500 emplois de professeurs seraient en revanche supprimés
dans l'enseignement secondaire.
Le
ministre s'est ensuite réjoui des bonnes conditions dans lesquelles
s'était effectuée la dernière rentrée scolaire,
imputant ce succès au fait que, pour la première fois, la
construction de la carte scolaire n'avait pas pris en compte uniquement
les « flux », comme par le passé, mais également
les « stocks » de professeurs, permettant ainsi
un rééquilibrage entre les académies.
Il
a indiqué, à ce propos, que le ministère s'attachait
à remédier à d'autres dysfonctionnements du système,
comme par exemple celui qui se traduit par le faible « rendement »
des remplaçants, les « titulaires sur zone »,
qui sont traditionnellement en sous-service.
Il
a souligné qu'une extension de ces zones permettrait d'augmenter
ce rendement, actuellement inférieur à 50 %, et a estimé
que la rationalisation du service public qu'elle autoriserait était
une condition de la défense de ce dernier.
Il
a jugé que ces considérations budgétaires devraient
être prises en compte dans le prochain débat sur l'école.
Souhaitant que celui-ci permette une approche ouverte sur tous les sujets,
il a indiqué, par exemple, qu'il était prêt à
prendre en considération la demande fréquemment formulée
par les organisations syndicales en faveur de procédures de pré-recrutement,
à condition que celles-ci soient prêtes à accepter
des contreparties comme, par exemple, une certaine bivalence pour les
professeurs de collège.
Enfin,
M. Luc Ferry a indiqué que le projet de budget prévoyait
une réforme de l'administration centrale et des services déconcentrés
de son ministère, qui permettrait une économie sur les effectifs
administratifs, avec une suppression de 11.000 emplois.
Abordant
l'examen des crédits pour l'enseignement supérieur, il a
noté que le projet de budget ne prévoyait pas en 2004 la
création de postes de professeurs, mais concentrait ses efforts
sur les crédits de fonctionnement et d'investissement des universités.
Il a également annoncé que la création de 125 emplois
permettrait de renforcer les équipes d'encadrement pour permettre
aux universités d'affronter les défis de la mondialisation.
Il
a également évoqué l'enseignement supérieur
privé qui, avec 5 millions d'euros de mesures nouvelles, bénéficiera
d'un important effort de rattrapage.
Evoquant
pour finir l'accompagnement social des étudiants, il a annoncé
une augmentation des bourses et la mise en place de bourses de mobilité
et a indiqué que le programme de réhabilitation du logement
étudiant, qui a permis en 2003 la réhabilitation de 5.000 logements,
serait poursuivi en 2004.
En
complément à cette intervention, M. Xavier Darcos,
ministre délégué à l'enseignement scolaire,
a souligné la volonté du ministère d'inscrire le
budget pour 2004 dans une perspective plus générale de réforme
de l'Etat sur le moyen terme, cette démarche consistant à
préserver la qualité des services rendus avec des effectifs
moindres. Il a fait remarquer que les nombreux départs à
la retraite prévus dans les années à venir fourniraient
l'occasion d'une réforme non seulement utile, mais aussi indispensable.
A
l'issue des exposés des ministres, M. Jacques Valade, président,
a donné la parole aux rapporteurs pour avis du budget de l'éducation
nationale.
M. Philippe
Richert, rapporteur pour avis des crédits relatifs à l'enseignement
scolaire, s'est félicité de la considération apportée
par les ministres à l'affectation des moyens.
Rappelant
ensuite les engagements pris par le ministre lors des débats en
séance publique relatifs au projet de loi sur les assistants d'éducation,
il s'est interrogé sur la mise en place des contrats CIVIS, afin
de suppléer aux auxiliaires de vie scolaire associatifs employés
sous contrats emplois-jeunes. Il a enfin souhaité connaître
les orientations fixées par le ministère au sujet, d'une
part, de l'expérience des classes de cours préparatoire
dédoublées, et, d'autre part, de la mise en place du plan
de lutte contre l'absentéisme.
En
réponse au rapporteur pour avis, M. Luc Ferry a apporté
les précisions suivantes :
-
de
nombreux emplois-jeunes associatifs ont volontairement choisi de démissionner
pour intégrer le dispositif des assistants d'éducation,
en raison du statut plus attractif de ces derniers, que confirment
par ailleurs les 54.000 candidatures enregistrées pour le recrutement
à ces fonctions dans les établissements scolaires. S'agissant
des associations, 3.000 contrats CIVIS leur seront prochainement dédiés ;
-
-
l'expérience
des cours préparatoires dédoublés concerne cette
année 500 classes à temps plein et 1.780 autres
classes à temps partiel, dédoublées pendant les
horaires consacrés à l'apprentissage de la lecture,
soit un total de 70.000 élèves. Ce système, ciblé
sur les écoles situées dans les zones les plus en difficulté,
a fait la preuve de son efficacité, les performances des élèves
étant améliorées de 30 à 35 % selon
les premières estimations. Ce dispositif sera pérennisé
l'an prochain avec l'objectif de viser un public de 150.000 élèves,
soit dans le cadre de classes dédoublées le matin seulement,
soit en étendant l'expérience aux classes de CE1.
M. Xavier
Darcos a ajouté, concernant le plan de lutte contre l'absentéisme,
la volonté d'aborder ce sujet comme un phénomène
social et non purement scolaire, mais aussi de renforcer la politique
de signalement de l'absentéisme par les enseignants et chefs d'établissements.
Mme
Annie David, rapporteur pour avis des crédits de l'enseignement
technologique et professionnel, après avoir fait remarquer les
difficultés pour identifier les crédits attribués
à ce secteur dans le budget de l'enseignement scolaire, a soulevé
plusieurs interrogations. Elle s'est inquiétée, d'une part,
de l'impact sur l'enseignement technique des suppressions de postes prévues
dans le second degré et, d'autre part, de la mise en place du dispositif
des assistants d'éducation notamment pour assurer la surveillance
dans les internats, particulièrement développés en
lycées professionnels. Elle a souhaité par ailleurs avoir
des explications sur la diminution, constatée dans le projet de
loi de finances pour 2004, des crédits affectés aux
bourses. Elle s'est ensuite interrogée sur les orientations du
ministère concernant les mesures d'accompagnement du développement
du dispositif de validation des acquis de l'expérience, les systèmes
d'alternance, ainsi que sur les perspectives liées à la
mise en place de la licence professionnelle et du concept de lycée
des métiers, avant de s'enquérir des mesures mises en oeuvre
en vue de revaloriser la voie professionnelle.
En
réponse à ces interrogations, M. Luc Ferry a indiqué
que :
-
300
professeurs de lycées professionnels (PLP) et 400 PLP stagiaires
sont concernés par les suppressions de postes prévues
au budget pour 2004 et affectant le second degré. Il existe
en effet des surnombres disciplinaires importants dans de nombreuses
filières de l'enseignement professionnel, certains secteurs,
dans l'industrie notamment, accusant des déficits de candidatures
aux concours de recrutement ;
-
-
la
baisse observée des crédits destinés aux bourses
dans le « bleu » budgétaire ne traduit
qu'un effet de périmètre, en raison des expérimentations
de globalisation des crédits, engagées dans deux académies,
dans le cadre de la mise en place de la loi organique relative aux
lois de finances ;
-
le
système d'alternance mis en place au collège, qui a
concerné 15.000 élèves de 4e l'an
dernier, produit des effets jugés très positifs, sans
pour autant créer des « effets de filière »
et s'avère en cela bien préférable à la
mise en place d'un palier d'orientation en fin de 5e ;
-
le
lycée des métiers constitue une voie d'excellence propice
à valoriser la voie professionnelle, en créant notamment
un lien vers la licence professionnelle. En 2003, les critères
d'obtention du label ont été assouplis, alors que l'obligation
de présenter dans un même lieu l'ensemble des branches
d'un métier rendait auparavant la labellisation impossible
pour les plus petits établissements.
M.
Jean-Léonce Dupont, rapporteur pour avis des crédits de
l'enseignement supérieur, après s'être interrogé
sur le calendrier de présentation au Parlement du projet de loi
relatif aux universités, qu'il a estimé indispensable pour
assurer leur compétitivité au plan international, a demandé
au ministre :
-
-
-
-
M.
Luc Ferry a répondu successivement à ces différentes
questions :
-
-
la
mise en place du système « LMD » est
très importante pour la construction d'un modèle européen
d'études, et la France n'a pas pris de retard dans ce domaine :
50 % des universités l'auront adopté en 2004 et
la totalité d'ici 2006-2007. Les bacs + 2 et bacs + 4
nécessaires seront maintenus et ils ne sont en rien incompatibles
avec l'harmonisation européenne ;
-
s'agissant
de l'accueil des étudiants étrangers, la France est
effectivement mal placée, seuls 9 % des étudiants
européens étudiant hors de leur pays choisissant la
France, contre 12 % l'Allemagne, 14 % la Grande-Bretagne
et 28 % les Etats-Unis. Plusieurs raisons expliquent cette situation,
dont le manque d'hébergement, l'état désastreux
d'un certain nombre de logements étudiants et l'accueil insuffisant
réservé à ces étudiants, alors que les
universités d'autres pays les maternent. Il faut donc développer
une vraie politique d'accueil à leur égard. Le transfert
de compétences en matière de construction de logements
étudiants que prévoit le projet de loi sur les responsabilités
locales permettra plus d'efficacité dans ce domaine ;
M. Pierre
Martin, rapporteur pour avis des crédits de la jeunesse, a souhaité
connaître les orientations du ministère quant au devenir
de l'opération « Envie d'agir », engagée
en 2003, ainsi que de l'Office franco-allemand de la jeunesse (OFAJ),
qui a fêté cette année ses 40 ans. Il s'est ensuite
interrogé sur l'articulation des dispositifs de prévention
de l'illettrisme pendant le temps extra-scolaire, avec les mesures mises
en oeuvre dans le cadre de l'éducation nationale.
M. Luc
Ferry a apporté les éléments de réponse suivants :
-
l'opération
« Envie d'agir » a rencontré un très
large succès et suscité une grande ferveur chez les
jeunes, en leur permettant de s'investir, au sein de l'espace de la
société civile, dans des projets porteurs de sens. 10.000
projets ont été proposés cette année,
et leur nombre sera doublé en 2004. A l'issue d'un concours
ouvert aux jeunes, 36 lauréats nationaux se verront récompensés
pour leur projet lors d'une soirée qui sera retransmise sur
France 3 le 15 décembre 2003. Il est en outre question
d'étendre cette opération à d'autres pays européens ;
-
-
l'OFAJ,
qui vient de s'installer à Montreuil, sera prochainement doté
d'une nouvelle direction française et recentré sur ses
missions fondamentales, à savoir l'apprentissage par les jeunes
Français et Allemands de la langue du pays partenaire ;
-
-
les
dispositifs soutenus dans le cadre de la politique de la jeunesse,
en particulier les contrats éducatifs locaux, doivent apporter
leur contribution à la politique du ministère de lutte
contre l'illettrisme.
Un
large débat s'est ensuite engagé.
Après
avoir évoqué le bon déroulement de la visite du Président
de la République à Valenciennes, M. Ivan Renar a noté
que nombre des problèmes évoqués à cette occasion
avaient un lien avec la scolarisation à 2 ans. Il a regretté
que cette dernière serve de variable d'ajustement des moyens, en
particulier dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais.
M.
Xavier Darcos a répondu que la scolarisation à 2 ans n'était
pas critiquable en tant que telle, mais qu'elle ne profitait malheureusement
pas le plus à ceux pour lesquels elle avait était aménagée,
à savoir surtout les zones en difficulté et les zones rurales.
Il a souhaité que ce dossier sorte du cadre scolaire, trop étroit,
et soit repensé en termes de politique de la ville, d'aménagement
rural, de politique de prévention... Il a également relevé
que l'évaluation de son impact en termes d'efficacité scolaire
était très nuancée, beaucoup de pays européens
interdisant d'ailleurs la scolarisation avant 4 ans. Il a néanmoins
affirmé qu'il n'envisageait pas de fermer d'écoles maternelles.
M.
Ivan Renar a relayé l'inquiétude des syndicats enseignants
et étudiants dans la perspective de la mise en place du système
« LMD ». Il a demandé pourquoi celle-ci n'était
pas intégrée au grand débat sur l'école et
s'est inquiété de la date prévisionnelle d'examen
par le Parlement du projet de loi de modernisation des universités.
Il
a, par ailleurs, fait part de deux préoccupations : l'une
concernant le problème des doctorants, l'autre relative à
la vie sociale des étudiants (logement, statut social, problèmes
de santé).
M.
Michel Guerry a jugé nécessaire
l'amélioration de la situation des étudiants étrangers
qui souhaiteraient poursuivre leurs études en France ( ).
A cet égard, Mme Danièle Pourtaud a fait état des
difficultés rencontrées par ces étudiants, en particulier
ceux qui ne possèdent pas de documents de séjour totalement
en règle. En Ile-de-France, 600 étudiants n'auraient pas
pu s'inscrire à l'université, dont les deux tiers sont étrangers.
Jugeant nécessaire leur « apport d'intelligence »,
elle s'est inquiétée d'une éventuelle politique de
quotas visant à encadrer l'accueil des étudiants étrangers
en France et elle a, par ailleurs, demandé au ministre son point
de vue sur les dispositions du projet de loi relatif à la maîtrise
de l'immigration et au séjour des étrangers en France, qui
reviennent sur les obligations de motiver les refus d'autorisation de
visas.
M. Michel
Guerry a ajouté que les étudiants
étrangers, rencontrant dans leur pays des difficultés pour
obtenir un visa, arrivaient souvent en France avec un simple visa touristique.
Il conviendrait, a-t-il estimé, de trouver une solution pour qu'une
fois inscrits à l'université, ils puissent obtenir un visa
leur permettant de poursuivre leurs études.
M.
Luc Ferry a précisé que ces étudiants devaient également
prouver qu'ils avaient les moyens d'assumer leur subsistance pendant un
an en France et qu'il s'agissait, dans un certain nombre de cas, d'étudiants
dont l'inscription avait été refusée dans les universités
de leur propre pays. Il s'est érigé en faux contre l'idée
qu'il pourrait instituer une politique de quotas, mais a montré
un intérêt pour qu'une politique ciblée d'échanges
d'étudiants puisse concerner plus particulièrement certaines
filières pédagogiques et certains pays. Il a proposé
aux sénateurs une réunion avec le ministère des affaires
étrangères et son propre ministère afin d'avancer
sur ce sujet.( )
Après
s'être félicité de la déclaration du Président
de la République à Valenciennes sur la laïcité,
M. Ivan Renar a estimé nécessaire de légiférer
sur ce sujet, enseignants et chefs d'établissement ne pouvant être
laissés seuls face aux situations délicates auxquelles ils
sont confrontés. La République doit parler clairement, a-t-il
déclaré, d'autant que des arrière-pensées
politiques, sans relation avec la religion, sous-tendent ce débat.
M.
Ivan Renar a ensuite évoqué le rapport de la commission
sur la diffusion de la culture scientifique et a regretté le manque
de crédits dans ce domaine. Il a mis en garde contre le développement
de l'intolérance de « ceux qui érigent leur ignorance
en théorie ». Il a proposé, avec M. Jacques Valade,
président, que ce rapport soit présenté officiellement
au ministre.
Mme
Danièle Pourtaud s'est également inquiétée
du trop faible intérêt manifesté par les jeunes, en
particulier par les jeunes filles, pour les études et les carrières
scientifiques. Elle a demandé au ministre s'il envisageait de lancer
une campagne de sensibilisation afin de remédier à cette
situation.
Face
à cette crise des vocations scientifiques, M. Luc Ferry a exposé
que la marge de progression se situait effectivement essentiellement du
côté des jeunes filles. Il a fait état de mesures
prises avec le ministre de la recherche afin de faire mieux connaître
ces carrières et de revaloriser leur image (visites de laboratoires
scientifiques pour les classes du secondaire, campagne de sensibilisation
à l'égard des filles...).
M.
François Autain a déploré le développement
de la publicité à l'école, au profit de grandes marques,
qu'il a jugé contraire à tout projet éducatif. Rappelant
l'évolution de la réglementation en la matière, il
a demandé au ministre s'il comptait modifier ou supprimer la circulaire
du 28 mars 2001, qui reconnaît la publicité à
l'école et se contente d'attirer l'attention sur la déontologie
et la « neutralité commerciale ». Il s'est
également montré préoccupé par les conséquences
sur l'obésité et la santé des enfants de l'existence
de distributeurs de barres chocolatées et de boissons sucrées
dans les écoles.
M.
Xavier Darcos a fait part du projet de suppression de ce type de distributeurs
et de son souhait que soient installées des fontaines à
eau. Ce problème est traité dans le volet nutrition du « plan
santé ».
Répondant
à Mme Danièle Pourtaud, qui l'interrogeait sur l'évolution
des carrières des professeurs dont l'état de santé
ne leur permet pas d'enseigner, M. Luc Ferry a tenu à élargir
à l'ensemble du corps enseignant les réflexions concernant
les perspectives de seconde carrière. En effet, une telle perspective
peut intéresser un certain nombre de professeurs, et non exclusivement
les personnes rencontrant des difficultés.
M. André
Vallet a tout d'abord demandé quelques données sur les effectifs
d'enseignants n'exerçant pas une fonction d'enseignement devant
des élèves. Il s'est ensuite interrogé sur la volonté
du ministère de généraliser le principe de la bivalence
des professeurs de collège, avant d'attirer l'attention des ministres
sur le fait que les professeurs agrégés et certifiés
répondent à des obligations de service différentes,
alors même qu'ils enseignent parfois dans les mêmes établissements
et devant les mêmes classes. Il s'est enfin élevé
contre les critiques formulées dans la presse à l'encontre
des cours préparatoires dédoublés.
Mme
Annie David a fait remarquer que le budget du ministère de l'éducation
nationale intégrait désormais les crédits consacrés
aux assistants d'éducation, alors que la participation de l'Etat
au financement des emplois-jeunes était imputée sur le budget
du ministère des affaires sociales, du travail et de la solidarité,
ce qui rend très artificielle la hausse apparente des crédits
du ministère de l'éducation.
M. Jean-Marc
Todeschini, après avoir relevé que le budget était
présenté de façon adroite, a exprimé son inquiétude
quant à la pérennité des associations départementales
des pupilles de l'enseignement public, en raison de la forte diminution
du nombre de postes qui leur sont attribués. Il s'est ensuite interrogé
sur les mesures envisagées en vue de faire face aux départs
massifs à la retraite attendus ces prochaines années, en
particulier afin de doter chaque classe, notamment dans le premier degré,
d'enseignants ayant reçu une formation préalable.
M. Michel
Guerry a demandé au ministre s'il avait l'intention d'engager
une concertation avec le ministère des affaires étrangères
au sujet de la situation des établissements d'enseignement français
à l'étranger.
En
réponse à ces intervenants, M. Xavier Darcos a précisé
que :
-
les
différences de service entre agrégés et certifiés
exerçant au sein des mêmes établissements renvoient
à un problème de fond, concernant la gestion de la carrière
des professeurs agrégés, dont le profil doit être
différencié de celui des professeurs certifiés,
notamment en exerçant dans les lycées plutôt que
dans les collèges, voire dans l'enseignement supérieur ;
M. Luc
Ferry a ensuite ajouté les compléments de réponse
suivants :
-
les
effectifs d'enseignants n'exerçant pas une fonction d'enseignement
devant les élèves, et qui ne sont pas, dès lors,
rémunérés par le ministère de l'éducation
nationale, s'élèvent à 34.500 en 2003, qu'ils
soient en détachement, en disponibilité, en congé
parental ou en poste à l'étranger. S'ajoutent à
ces effectifs 14.500 enseignants exerçant leurs fonctions
devant des étudiants ou des adultes, et seuls 4.500 enseignants
n'exerçant aucune fonction, soit qu'ils sont dans l'incapacité
provisoire d'enseigner, soit qu'ils constituent des surnombres disciplinaires,
comme cela est le cas dans certaines disciplines comme l'allemand
ou l'arabe, pour lesquelles les recrutements sont maintenus pour des
considérations diplomatiques ou afin de ne pas fermer des filières
disciplinaires, mais où nombre de professeurs sont en situation
de sous-service ;
-
-
s'agissant
des établissements français à l'étranger,
il serait très opportun d'organiser une réunion paritaire
entre le ministère de l'éducation et le Quai d'Orsay,
associant les représentants des Français à l'étranger ;
-
-
quant
aux enseignants stagiaires dénommés « reçus-collés »,
directement affectés dans les écoles sans avoir suivi
de formation préalable en Institut universitaire de formation
des maîtres (IUFM), il est prévu de résorber progressivement
leurs effectifs, qui ont atteint le nombre de 6.000 à la fin
du ministère précédent, et devraient être
ramenés à 3.500 en 2004.
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