Mission des sénateurs en Colombie 1 juillet 2002 (communiqué de Presse)
Dernière minute - 17/07/02
Compte Rendu Mission en Colombie du sénateur Michel Guerry
notes de rencontres
contacts evec les Français hors de France

Compte-rendu de mission en Argentine du sénateur Michel Guerry

notes de rencontres
contacts evec les Français hors de France

Interview du sénateur Roland du Luart, qui conduisait la mission

Mission des sénateurs français du groupe d'amitiés Colombie-France en Colombie - Communiqué


Dernière Minute

Depuis son retour en France, le Sénateur Michel GUERRY est entré en contact avec la famille de Pierre GALIPON, disparu en Colomnie sans que l'on puisse affirmer qu'il fasse partie des otages Français détenus par les FARC. Le Sénateur GUERRY a tenu à montrer sa solidarité envers ses proches et l'attention toute particulière qu'il porte à ce dossier.

Le 31 juillet 2002, on apprenait que les occupants de l'hélicoptère, dont Pierre GALIPON, avaient été relaché en bonne santé, après plus de cent vingt jours de rétention, par les prenaurs d'otages colombiens. Ce dont on se réjouit pour ses proches et lui-même.

Question écrite concernant les enlèvements de Français en Colombie (J.O. du 25/07/02)

" M. Michel Guerry attire l'attention de M. le ministre des Affaires étrangères sur la situation des Français enlevés et détenus comme otages par des groupes terroristes ainsi que d'autres Français disparus en Colombie.
Il souhaiterait avoir des précisions sur les évolutions récentes de cette question ainsi que sur les mesures mises en place par le ministère des Affaires étrangères, tant pour leur venir en aide que pour soutenir leurs familles ".


Des sénateurs français jugent la campagne de menaces des FARC "inacceptable"

BOGOTA, 27 juin ( de source AFP)
Une mission du Sénat français, qui a conclu jeudi une visite en Colombie, a qualifié d'"inacceptable" et à la démocratie" la campagne de menaces de mort menée par la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes) contre des élus locaux.
"Il est extrêmement grave que les FARC fassent pression sur des gens légitimement élus. Il nous semble que cette situation est une atteinte à la démocratie, un chantage. Pour nous c'est inacceptable", a déclaré le sénateur Roland Du Luart (RI, Sarthe), chef de la délégation.

Cette mission de cinq sénateurs s'est entretenue mercredi et jeudi avec le président de Colombie, Andrés Pastrana, et son successeur élu Alvaro Uribe, qui prendra ses fonctions le 7 août prochain.

Les élus français ont examiné avec MM. Pastrana et Uribe la situation critique dans laquelle se trouve la Colombie suite aux menaces des FARC envers des maires, conseillers et autres fonctionnaires municipaux.

Ils ont également manifesté leur solidarité avec la dirigeante du parti écologiste Vert Oxygène, Ingrid Betancourt, ex-candidate à la présidentielle et actuellement séquestrée.

"Ces actions des FARC ne sont pas en adéquation avec notre conception de la démocratie. C'est un manque de respect envers la volonté des citoyens car il s'agit de fonctionnaires démocratiquement élus. C'est un retour à des siècles en arrière", a ajouté M. Du Luart lors d'une conférence de presse.

Cette mission, qui devait quitter Bogota jeudi soir pour se rendre à Buenos Aires afin d'évaluer la situation argentine, comprend également les sénateurs Yolande Boyer (PS, Finistère), Ambroise Dupont (RI, Calvados), Michel Guerry (RPR, Français de l'étranger) et Philippe Adnot (sans étiquette, Aube).
"La France veut accompagner la Colombie en cette période cruciale. Nous sommes disposés à rester au sein du groupe des pays amis qui appuient le
processus de paix", a conclu M. Du Luart.

Début juin, les FARC ont menacé les maires de la zone qu'elles contrôlent dans le sud du pays en signe de représailles suite à la victoire de M. Uribe à l'élection du 26 mai dernier.

Cette guérilla, la plus ancienne et la plus importante de Colombie (17.000 hommes), a ensuite étendu ces menaces à 22 des 32 départements du pays et ajouté mercredi dernier qu'elles visaient tous les fonctionnaires locaux.


Compte Rendu Mission en Colombie du sénateur Michel Guerry
du 25 au 27 juin 2002


" Libérer INGRID !"
Ingrid Bétancourt, franco colombienne, sénatrice de Colombie, enlevée par les FARC avec Clara Rojas le 23 février 2002 est le symbole de ce qui se passe dans ce pays.
Sous des alibis politiques les narco traficants " contrôlent " les 2/3 du pays - on ne peut pas sortir de Bogota sans une très forte escorte militaire - . Ce sont les FARC, l'ELN et les Groupes Paramilitaires.
Ils détiennent un millier de prisonniers dont on est sans nouvelles depuis trois ans pour certains.
Ces prisonniers sont des gens pouvant payer rançon, des politiques ...

Nous avons trois français parmi eux dont Ingrid Bétancourt.
On estime généralement que les deux autres sont morts, sans toutefois en être certain.

Les terroristes pratiquent la " pêche miraculeuse ", c'est à dire qu'ils font un barrage routier, contrôlent les véhicules et kidnappent ceux qui leur paraissent intéressants. Ils s'assurent de l'importance des personnes enlevées et relâchent les autres au bout de quelques jours s'ils ne les tuent pas. (Si une opération militaire est organisée dans la région où ils opèrent et qu'ils ne peuvent évacuer leurs prisonniers, ceux-ci sont systématiquement abattus.)

Une famille sur deux a eu des tués et/ou des enlevés.

Ingrid Bétancourt se battait pour éradiquer la corruption qui mine le pays et les élites politiques, pour une meilleure répartition des richesses car 54 % des terres sont la propriété de 1 % des colombiens.

Mardi 25 juin 2002

Accueil par l'Ambassadeur de France, M. Daniel Parfait .

Entretien avec le Président de la République et auquel a été remis un message de Monsieur Christian PONCELET. M. Andrès PASTRANA est apparu comme fatigué . (En Colombie, l'élection présidentielle a eu lieu et le chef de l'Etat ne peut pas faire un second mandat. C'est donc M. Alvaro URIBE, élu dès le premier tour qui prendra la place au mois d'août.). Il s'agit donc pour l'équipe en place de gérer les affaires courantes.

Les conversations ont porté, bien évidemment, sur l'enlèvement de Mme Ingrid BETANCOURT, des circonstances de l'enlèvement.

Les rebelles ( FARC, ETEN, Groupes Paramilitaires) sont estimés à 40 000. Les otages à 3500 personnes.

Rencontres avec la mère d'Ingrid (Mme Yolande PULECIO), et sa sœur Astrid qui disent avoir eu des nouvelles par un prêtre, ex orphelin des centres d'orphelins qu'elles ont créés. Evocation de la demande du président français Jacques Chirac envers les autorités colombiennes.
Campagne médiatique en faveur d'Ingrid au Canada.

Mercredi 26 juin 2002

Au cours de tous les entretiens, la question de l'enlèvement d'Ingrid Bétancourt a été au centre des interventions de notre délégation.


Entretien avec le Vice-Président, ministre de la Défense M. Gustavo BELL

Ingrid a été déplacée. Elle n'est plus dans les zones de combat.
Les rebelles n'ont plus les moyens de contrer l'armée. Les effectifs sont de 120 000 soldats et de 100 000 policiers.
La coopération avec la France dans ce domaine, pourrait être dans la logistique et les techniques de renseignement.
La France est l'un des pays les plus engagés pour aider la Colombie et c'est la deuxième destination pour les étudiants colombiens après les Etats Unis.
Il y a 450 entreprises françaises présentes en Colombie dont 75 filiales de grands groupes.


Entretien avec le Ministre de l'Intérieur M. Armado ESTRADA remplacé par le vice-ministre AMAYA.
(Le ministre absent pour raison de démission de 100 maires suite aux menaces des FARC ).
Il y a 1000 maires et 14 000 élus locaux concernés qu'il faudra soit protéger, soit déplacer.

Déjeuner au Sénat avec trois sénateurs colombiens dont l'un vient d'un mouvement rebelle M 19.

Entretien avec le ministre de l'Intérieur et de la Justice du futur gouvernement : M. Fernando LONDONO (sans la police ni la justice)
Très grande détermination affichée. Réforme constitutionnelle permettant de gouverner. Réforme de la justice "car il n'y a pas de justice en Colombie, les procès durent 10 à 20 ans et n'aboutissent pas".

"La Colombie est sur un baril de poudre qui risque d'exploser!"
"Le diagnostic du nouveau gouvernement est que le premier problème, c'est le narcotrafic."
"On estime qu'il y a 50 000 personnes dans les maquis. Si l'on dépénalisait la drogue, les combats s'arrêteraient, mais si cela n'est pas possible, du fait du besoin d'une aide internationale, du cout de la surveillance aérienne et satellitaire pour trouver les laboratoires. La fumigation ne marche pas."
"Il faut lutter contre l'argent sale."
Gros travail de communication pour faire passer les réformes. L'Eglise et l'Armée sont toujours les plus respectées

Entretien avec le Président élu M. Alvaro URIBE (élu dès le premier tour de la présidentielle)
Remise d'une lettre du Président PONCELET.
Le Président URIBE vient en visite officielle à Paris les 4 et 5 juillet.
N'exclut pas une paix négociée avec les FAR avec une garantie internationale.
Veut discuter avec des entités bien définies , avec l'U.E. directement sans passer par la communauté andine, de même directement avec le Secrétaire Général de l'O.N.U. ou son adjoint chargé de la Colombie mais pas avec la machine O.N.U.
"Il faut mettre en place un plan pilote pour donner des ressources à 50 000 familles et les sortir du cercle de la drogue en leur donnant 2 000 dollars par an et par famille pour faire de la reforestation. Aller ensuite à 200 000 familles. Il serait intéressant que la France " adopte " une région." "
Même discours que son ministre LONDONO pour les autres sujets. (Très grande détermination affichée.)

Contacts avec les Français hors de France

Visite du Lycée

Très belle installation pour 1700 élèves dont 20 % de français.
L'espagnol est enseigné dans toutes les classes dès la maternelle, langue étrangère + géographie +histoire ce qui en fait un établissement quasi bilingue.

Visite du Consulat.

Réception de la communauté française à la résidence de l'Ambassadeur.


Compte-rendu de mission en Argentine du sénateur Michel Guerry
Du vendredi 28 juin au jeudi 4 juillet 2002

Note générale

Mission ressentie comme importante et symbolique car les liens avec la France sont forts dans un pays où l'image de la France est forte.
Economiquement la situation n'est plus du tout celle d'il y a 5 ans ; mais il s'agit en fait d'un lent et régulier effondrement depuis 50 ans.
( En 1950, l'Argentine avait le second PIB des Amériques derrière les USA.)
La dollarisation (un dollar = un pesos, décision arbitraire du Président Menhem) avait engendré un boom économique dans les années 1990. Elle fut malheureusement suivi d'un retour au pesos, du blocage des avoirs en dollars et d'un taux de convertibilité des dollars de 1 pour 4, ce qui a ruiné le pays.

Il en est résulté une succession de faillites d'entreprises (12 000), un chômage considérable, et une paupérisation de beaucoup d'argentins. On estime que 50% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et que 20%, dans l'indigence, habite dans les miserias (bidonvilles).
Les Argentins sont désemparés et cela à tous les niveaux.

Bien entendu pas ceux qui ont envoyé à temps leurs avoirs à l'étranger, ou mis leurs dollars dans un coffre et qui ont ainsi quadruplés leur fortune.

Pour reprendre les négociations, le FMI a exigé que le gouvernement fasse voter une loi afin que les banquiers (en majorité américaines) ne soient pas poursuivis.

On notera les réticences de ces mêmes américains sur la constitution pour le continent américain du Mercosur.

Carnet de rencontres:

M. Eduardo DUHALDE Président de la Nation Argentine. Nommé président par l'Assemblée législative après la démission du président La RUA.
(Tour d'horizon sans complaisance ni langue de bois. La responsabilité de la situation imcombe aux argentins
800 000 familles ou 1 800 000 personnes sur 9M sont sans ressources mais le pire de la crise est passée.
" L'Argentine possède 50M de têtes de bétail et produit 35M tonnes de céréales et des gens meurrent de faim ?"
"Comme l'a dit le président du Brésil, l'administration Bush méprise l'Argentine et ne connaît rien à l'Amérique du Sud, mais elle fait une erreur."

A Buenos Aires :
M. Carlos RUCKAUF, Ministre des Relations Extérieures, du Commerce international et du Culte
M. Jorge Marcelo FAURIE vice-ministre des Relations Extérieures
M Martin REDRADO secrétaire d'Etat
M. RosendoFRAGA analyste politique
Mme. Elisa CARRIO, sénateur, candidate à la présidence de la République.(Programme et organisation politique non précisé à part son orientation exclusive sur la lutte contre la corruption, avec un soutien médiatique et populaire important. Proclame avoir une mission quasi d'inspiration divine à remplir.)
Dr. Jorge REMES LENIKOV, ministre de l'Economie
Entretiens au Sénat

A Rosario:
M. Hermes BINNER maire de Rosario (1 million d'habitants). Homme de gauche, réputé compétent et honnête. (La ville de Rosario est très touchée par une crise politique et sociale grave et très profonde. Corruption, 30% de chômage. Pas de perspective au plan général. Pas d'issue à attendre immédiatement avec le Mercosur. pour le moment. Soutien Elisa CARRIO sans illusion.)

Syndicats, ONG, et Assemblées de voisins (associations citoyennes d'aide de quartier). Dix associations présentes avec une coordination de la mairie très appréciée et efficace.
Visite d'une " miserias " c'est à dire d'un bidonville.

A Mendoza

M. Roberto Raul IGLESIAS, gouverneur de la province de Mendoza
M. Juan Horacio GONZALEZ, GAVIOLA vice-gouverneur.

Problème des relations fiscales entre les provinces et l'Etat car il n'y a pas de règles permanentes. Le budget de la province est couvert à 50% par elle-même.
Ressources de l'Etat central : TVA, impôts sur le revenu, pétrole, commerce extérieur, responsabilité de l'enseignement universitaire
Ressources des provinces : taxes sur les automobiles, impôts fonciers, responsabilité de l'enseignement primaire et secondaire.

M. Roberto LAVAGNA ministre de l'Economie, ministre de la Production.
A noter l'impossibilité pour les produits agricoles argentin d'atteindre les USA.
La Commission du FMI se réuni les 18 et 19 juillet pour accord fin juillet.
" Le MERCOSUR est essentiel pour toute l'Amérique du Sud. "

On attend de la décision du FMI des déblocages de fonds pour financer les exportations soit :

200 M$ de la Banque Mondiale
200M$ + 200 M$ de deux banques privées
100M $ de l'Italie
100M $ de l'Espagne

Le secteur bancaire doit être réorganisé : diminution du nombre des banques et restructuration. L'inflation a été de 50% depuis 6 mois.
Rappel des pertes du Crédit Agricole (340 M euros)
Réception à l'Ambassade des français et argentins

M. Felipe SOLA gouverneur de la province de Buenos Aires (Possède une certaine autorité morale. Parti Justicialiste.( 14 des gouverneurs sur 24 sont justicialistes.
C'est la première fois qu'il reçoit une délégation de ce niveau qui s'intéresse au sort de l'Argentine.

Pour son parti qui va faire des primaires pour l'élection présidentielle, il y a 3 candidats:

Rodriguez Sa : péroniste, volontariste et populiste.
Menem : traité de "pathologie argentine", soutenu par l'establishment financier, a un programme cynique, mais a un programme et une audience.
Kirchner : gouverneur de Santa Cruz, plus à gauche et progressiste
Reuthemann ancien pilote, gouverneur de Santa Fé : pragmatique, peu d'idées personnelles, beaucoup de caractère. Ne s'est pas encore déclaré.

"L'Argentine est une démocratie blessée qui risque d'aller vers l'anarchie."

Contacts avec les Français hors de France:

La francophonie est plutôt en progrès

A Buenos Aires
Visite du Lycée Jean Mermoz (1500 élèves),lycée de très haute tenue et d'un grand rayonnement en Argentine.
Visite du Collège franco argentin Martinez (700 élèves). Evocations des problèmes rencontrés (dont la plupart sont d'origine franco-française).
Visite du Consulat Général à Buenos Aires

Société Civile : Responsables français de sociétés (Grandes difficultés. Concernant le Mercosur: Projet jugé d'avenir qui rique de le rester encore longtemps car les argentins souhaitent plus de Mercosur et moins d'US.)
Il est clair, pour beaucoup, que sans le soutien de l'UE il n'y aura pas de Mercosur.




Interview du sénateur Roland du Luart, qui conduisait la mission par Yann André, correspondant d'Ouest France en Argentine.

L'Amérique du Sud dans la tourmente

Des sénateurs français en visite dans la région

Le sénateur de la Sarthe, Roland Du Luart, vice-président de la Commision des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation, explique les raisons qui l'ont amené, à la tête d'une délégation parlementaire, à se rendre en Colombie et en Argentine du 21 juin au 4 juillet.


Quelle est la vocation du groupe d'amitié France-Amérique du Sud que vous présidez ?

Ce groupe, qui compte 93 sénateurs, a pour objet d'étudier la situation politique et économique dans la zone. Régulièrement, en liaison avec le Quai d'Orsay, nous visitons les pays avec lesquels la France a intérêt à développer ses relations. La délégation est composée cette année d'un sénateur RPR, en la personne de Michel Guerry, d'un sénateur socialiste, Yolande Boyer, d'un indépendant, Philippe Adnot, d'un sénateur républicain indépendant comme moi, Ambroise Dupont, et d'un social-démocrate européen, Yvon Collin. M.Poirier, union centriste, n'a pu venir. Ce pluralisme offre une palette représentative de la composition du Sénat français.

Pour quel motif vous êtes vous rendus cette année en Colombie ?

Nous étions porteurs d'un message à l'endroit d'Ingrid Bétancourt pour essayer d'obtenir sa libération. Mme Bétancourt a la double nationalité et son enlèvement par les FARC (Force Armée Révolutionnaire de Colombie) a créé un très grand émoi en France. Nous avons été reçus par le président sortant, M. Pastrana, et nous avons été les premiers parlementaires à rencontrer le nouveau président en charge des intérêts de ce pays, M.Uribe. Des réformes considérables y sont à faire, les mouvements de guérilla contrôlant aujourd'hui une très grande partie du territoire.

En ce qui concerne l'Argentine, quelles sont vos préoccupations ?

Suite aux évènements de décembre dernier, nous avons voulu témoigner notre solidarité vis-à-vis du peuple argentin et exprimer au gouvernement notre préoccupation pour les entreprises françaises. Ces dernières ont participé très fortement à la privatisation organisée dans les services publics. Elles se trouvent aujourd'hui confrontées à d'énormes difficultés, dans la mesure où la dévaluation est trop forte, et en l'absence de sécurité juridique par rapport à tout ce qui a pu être emprunté en dollars. Malgré cette situation, notre objectif est de consolider les liens franco-argentins au niveau institutionnel et notre souhait est que la France continue à investir.

Qu'en est-il des échanges culturels ?

Nous devons accentuer nos efforts en ce domaine. Par exemple, à Troie, une université technologique mène des échanges importants avec plusieurs pays, comme le Brésil, pour que des ingénieurs aient la double formation. Cela devrait permettre de développer les échanges économiques entre nos continents. En Colombie, qui est un pays de droit français, j'ai poussé l'idée que des étudiants de troisième cycle viennent en France terminer leurs études. Ces coopérations, qui ne sont pas très lourdes sur le plan financier, font en sorte que notre jeunesse s'imprègne de l'intérêt de travailler avec l'Amérique du Sud et vice-versa.

La réalisation du Mercosur vous paraît-elle indispensable ?

Nous croyons au Mercosur. De même que l'Union Européenne a progressé dans sa construction, le cône sud peut le faire. C'est pour nous la seule façon de proposer une alternative à l'intégration nord-américaine. Les jeunes, pour la plupart, parachèvent leur formation aux Etats-Unis et ont une approche anglo-saxonne des sujets. Pour changer cela, il est important que nous développions nos relations avec les décideurs de demain, en créant de nouvelles passerelles.

Recueilli par Yann André correspondant en Argentine du journal "Ouest-France".

Mission en Argentine De gauche à droite : Philippe Adnot (Aube), Michel Guérry (représentant les Français établis hors de France), Yolande Boyer (Finistère), Roland Du Luart (Sarthe), Yvon Collin (Tarn-et-Garonne), Ambroise Dupont (Calvados), devant le Parlement provincial de Mendoza en Argentine. (Cliquez sur l'image pour agrandir)